Crier à l’extrême droite ou au moins mettre en garde à son égard, voilà la réaction presque instinctive de beaucoup d’intellectuels face au mouvement des gilets jaunes. Au lieu de traiter les résultats électoraux comme des concepts sociologiques valables, il est temps que la classe intellectuelle accepte l’humiliation que ce mouvement inédit lui inflige pour pouvoir en tirer les bonnes conclusions. Participer au combat est le seul choix acceptable si l’on veut comprendre et refuser d’être récupéré par le parti de l’Ordre.


Le 20 janvier 2019, le journaliste Daniel Schneidermann, animateur du site « Arrêt sur images », publiait une tribune intitulée « Sas de délepénisation » dans Libération. Il y fait l’effort honorable d’accorder le libre arbitre à deux hommes issus des classes populaires, Eric Drouet et Maxime Nicolle, figures éminentes du mouvement des gilets jaunes. L’argument extraordinaire (littéralement, puisqu’il sort du lot de ce qui s’écrit généralement à leur sujet) réside en ce que ces hommes auraient la capacité de se tromper, et plus extraordinairement encore, de s’en rendre compte et de s’en repentir. On peut regretter que Schneidermann ne mentionne pas, comme presque tous les médias mainstream qui ont repris la fameuse « étude » de la Fondation Jean Jaurès sur les profils Facebook des « leaders » des gilets jaunes, Priscilla Ludosky et ses likes et commentaires, mais on peut admettre qu’il part d’une bonne intention. Une bonne intention, néanmoins, qui en dit long sur l’état délétère de la classe intellectuelle face à un mouvement politique qui, dans une large mesure, a pour effet de la rendre caduque.

Le bénéfice du doute et la présomption d’innocence doivent être rappelés, ce rappel succède au jugement moral inexorable et on peut sincèrement se demander s’il peut encore y faire quelque chose.

Tout d’abord, il faut souligner que cet article n’est qu’une autre expression d’un symptôme généralement accepté : dès qu’on parle de classes populaires le doute s’installe, il plane, et souvent il s’emballe carrément. Les cas Drouet et Nicolle démontrent que des clics et des likes ont la même conséquence que quelques quenelles dans une manifestation, à savoir l’infection du corps entier – individuel comme collectif – qui fait que toute la personne de Nicolle risque de devenir frontiste et tous les gilets jaunes des sympathisants du RN ou de la fachosphère. Il faut donc souligner la gravité non pas du contenu de l’article de Schneidermann, mais le simple fait qu’il ait paru nécessaire de l’écrire. Le bénéfice du doute et la présomption d’innocence doivent être rappelés, ce rappel succède au jugement moral inexorable et on peut sincèrement se demander s’il peut encore y faire quelque chose. Par le biais de quelques cliques et commentaires, et peu importe ce qu’affirment les concernés, le délit – d’intention –  est condamné dès qu’il semble être commis.

Le néolibéralisme, ça fait longtemps que ça dure, mais avec Macron, qui inscrit la suprématie du capital dans la loi en même temps que la suppression de l’ISF et l’introduction de la flat tax, qui légalise ainsi la distinction entre les capitalistes et ceux qui vivent de leur force de travail, la profondeur de cette société éclate au grand jour.

En réponse à cela, il ne reste que dire une fois pour toutes la pauvreté ahurissante propre à ce concept pseudo-sociologique de l’électorat qui sert principalement à exclure les pauvres du débat public, si débat il y en a. Toute l’intelligentsia mainstream, de droite à gauche, a la possibilité de publier un article ou une tribune bien-intentionnée, tant qu’elle plaque, tels une carte, les résultats des élections sur la société dans son état actuel. L’abstention, on la mentionne sans la penser. Et puis on met en garde en clamant l’injustice du système tout en évoquant la candeur stupide des classes populaires. Or, la société a au moins quatre dimensions. Aux deux dimensions de la carte il faut ajouter la durée et la profondeur. Le néolibéralisme, ça fait longtemps que ça dure, mais avec Macron, qui inscrit la suprématie du capital dans la loi en même temps que la suppression de l’ISF et l’introduction de la flat tax, qui légalise ainsi la distinction entre les capitalistes et ceux qui vivent de leur force de travail, la profondeur de cette société éclate au grand jour. Avec elle surgit un savoir inscrit dans les corps, un savoir qui n’a pas besoin d’être expliqué pour passer à l’action, un savoir qui balaye cette carte partielle et stupide qui réduit l’affrontement entre ceux qui travaillent et ceux qui profitent de ce travail à l’opposition d’une soi-disant raison modérée et l’extrême droite bestiale.

Au lieu de s’interroger sur « la vraie nature » de ces êtres énigmatiques dans leur vaillance et leur inventivité, en restant, par cette posture extérieure et surplombante dangereusement proches de ceux qui les regardent d’en haut en les traitant de « foule haineuse », il faut bien le reconnaître : les gilets jaunes nous mènent au bout de notre science.

Au lieu d’utiliser donc des concepts biaisés par leur simple origine, à savoir le cadre institutionnel contingent de la Ve République, dont les gilets jaunes, mouvement apolitique, c’est-à-dire viscéralement anti-politicard, par ailleurs, ne veulent en grande partie plus, refusant désormais d’y être réduits, il faut admettre que ce mouvement inédit est dans sa pratique plus avancé que tout discours orthodoxe prononcé à gauche ces 30 dernières années. Dans le combat sans nomenclature figée et sans classe intellectuelle sachante ou gérante qui dicterait la stratégie – cette classe dont le dernier grand exploit a été par ailleurs de faire échouer une grève de la SNCF à laquelle avaient participé 96 % des cheminots –, les gilets jaunes bricolent avec ce qu’ils connaissent et avec ce qu’ils ont sous la main, ils avancent, apprennent et avancent encore. Au lieu de s’interroger sur « la vraie nature » de ces êtres énigmatiques dans leur vaillance et leur inventivité, en restant, par cette posture extérieure et surplombante dangereusement proches de ceux qui les regardent d’en haut en les traitant de « foule haineuse », il faut bien le reconnaître : les gilets jaunes nous mènent au bout de notre science.

Ni « ordre » ni « sécurité » ne figurent sur les frontons des mairies. Néanmoins, on ne compte plus les corps qui en portent la marque, qui sont blessés, mutilés ou incarcérés.

Pour le dire tout court, les gilets jaunes humilient la gauche intellectuelle. Ils démontrent son auto-complaisance et profonde impuissance. Car c’est dans le combat, qu’ils révèlent les faiblesses du système néolibéral dont les flux de marchandises ne supportent pas la moindre digue sans que la libre circulation des personnes – malgré les lois ouvertement liberticides annoncées – puisse être supprimée pour autant. Et donc ils reviennent et bloquent à nouveau avec une plus grande intelligence pratique que n’importe quel parti ou syndicat. Dans le combat, ils dévoilent au grand public une dérive autoritaire dénoncée depuis les années 70 par des penseurs comme Nicos Poulantzas (une voix inaudible pour les formations de gauche d’aujourd’hui), un autoritarisme propre à un régime né d’une guerre civile[i], une dérive bien fondée donc qui se transforme, au moins depuis les années Sarkozy, depuis la sape des principes de base du code pénal par l’introduction du délit d’intention et du fichage de masse, de plus en plus en une assise autoritaire qui se nomme elle-même « Ordre Républicain ». Ni « ordre » ni « sécurité » ne figurent sur les frontons des mairies. Néanmoins, on ne compte plus les corps qui en portent la marque, qui sont blessés, mutilés ou incarcérés. Les principes de l’ordre, soupçon et répression, l’exemple de Nicolle et Drouet le montre à nouveau, ont bien été intégrés dans la culture médiatique dominante.

« on ne fait pas de politique-histoire sans cette passion, c’est-à-dire sans ce lien sentimental entre les intellectuels et le peuple-nation. »

Évoquer la carte électorale pour parler de ce qui se passe, avec le jugement moral qu’elle implique immédiatement, ajoute par conséquent uniquement à l’humiliation de ceux qui prétendent savoir. L’enjeu des gilets jaunes ne sont pas les élections européennes, pas les municipales, pas la présidentielle de 2022. Il s’agit d’une quête collective d’une existence plus juste et surtout plus égalitaire. Face à une classe politique et intellectuelle qui, à quelques exceptions, prend presque instinctivement position du côté de l’ordre, il faut se demander où on se positionne et quelles conséquences on tire de son positionnement. « L’erreur de l’intellectuel consiste à croire qu’il puisse « savoir » sans comprendre, et spécialement sans sentir, sans être passionné […], c’est-à-dire sans sentir les passions élémentaires du peuple », écrit Antonio Gramsci, et il ajoute « on ne fait pas de politique-histoire sans cette passion, c’est-à-dire sans ce lien sentimental entre les intellectuels et le peuple-nation. »[ii] L’intellectuel, s’il ne prend pas cet engagement passionnel du côté du peuple, il sera engagé par sa simple inertie du côté de l’ordre, qu’il le veuille ou non.

Oser vouloir partager leur victoire, participer au combat pour une société plus juste, faire humblement un peu de politique-histoire, voilà ce qu’il y a à gagner.

Éprouver cette passion, vouloir savoir, humblement, en gros, est la tâche de ceux qui ne veulent pas être du côté des simples pédants qui, la larme à l’œil, condamnent la violence de l’ordre tout en réduisant les gilets jaunes sinon à des simples sbires inconscients du clan Le Pen, du moins à des gens émus par des passions tristes et détournées qui seraient en train d’accélérer la montée magique, inexplicable et inexorable, de l’extrême droite. Des pédants qui se croient être de la gauche raisonnable mais qui appartiennent en réalité à la droite « bien-sentante », qui passe son temps à dire que les choses vont mal mais qu’elles ne peuvent pas être autrement parce que sinon le mal serait pire encore. Que ceux qui ne veulent pas être de ceux-là rejoignent avec humilité les gilets jaunes, qu’ils les accompagnent en éprouvant la justesse de leur combat, car même si l’on ne veut pas partager leur lutte on partagera sans le moindre doute leur défaite, si celle-ci devait advenir. Oser vouloir partager leur victoire, participer au combat pour une société plus juste, faire humblement un peu de politique-histoire, voilà ce qu’il y a à gagner.

[i] Cf. l’excellent livre de Grey Anderson, La guerre civile en France, 1958-1962, La Fabrique, Paris, 2018

[ii] Guerre de mouvement et guerre de position, Razmig Keucheyan (éd.), La Fabrique, Paris, 2012, p. 130 sq.

L’APPEL DES ARTISTES, CRÉATEURS ET CRÉATRICES

Depuis plusieurs mois le mouvement des Gilets Jaunes, sans précédent dans l’histoire de la Vème République, bat le pavé de nos rues.

Un mouvement de citoyen.ne.s, né spontanément, qui ne se rattache à aucun parti politique.

Un mouvement qui mobilise des dizaines de milliers de français chaque samedi, depuis plus de 6 mois, et qui est soutenu par des millions d’autres.

Un mouvement qui réclame des choses essentielles : une démocratie plus directe, une plus grande justice sociale et fiscale, des mesures radicales face à l’état d’urgence écologique.

Ce qu’ils demandent, ils le demandent pour tou.te.s. Les Gilets Jaunes, c’est nous. Nous artistes, technicien.ne.s, auteur.rice.s, de tous ces métiers de la culture, précaires ou non, sommes absolument concerné.e.s par cette mobilisation historique.

Et nous le proclamons ici : nous ne sommes pas dupes.

Nous voyons bien les ficelles usées à outrance pour discréditer les Gilets Jaunes, décrits comme des anti-écologistes, extrémistes, racistes, casseurs… La manœuvre ne prend pas, ce récit ne colle pas à la réalité même si médias grand public et porte-paroles du gouvernement voudraient bien nous y faire croire.

Comme cette violence qu’ils mettent en exergue chaque samedi.

Pourtant la violence la plus alarmante n’est pas là.

Le bilan de la répression s’aggrave chaque semaine. Au 19 avril 2019, on recensait 1 décès, 248 blessé.e.s à la tête, 23 éborgné.e.s, 5 mains arrachées chez les manifestant.e.s. C’est indigne de notre république.

Et nous ne sommes pas les premier.e.s à le dénoncer : Amnesty International, La Ligue des Droits de l’Homme, l’ONU, l’Union Européenne, le Défenseur des Droits, tou.te.s condamnent les violences policières sur les Gilets Jaunes en France.

Le nombre de blessé.e.s, de vies brisées, d’arrestations et de condamnations dépasse l’entendement. Comment peut on encore exercer notre droit de manifester face à une telle répression ? Rien ne justifie la mise en place d’un arsenal législatif dit « anti-casseur » qui bafoue nos libertés fondamentales.

Nous ne sommes pas dupes. La violence la plus menaçante est économique et sociale. C’est celle de ce gouvernement qui défend les intérêts de quelques-uns aux détriments de tous et toutes. C’est la violence qui marque les corps et les esprits de celles et ceux qui s’abîment au travail pour survivre.

Puis nous devons – c’est une urgence historique – affronter collectivement la crise écologique et trouver des solutions justes et efficaces, afin de laisser un monde vivable à nos enfants.  Nous ne sommes pas dupes. Ce gouvernement n’a cessé de reculer sur la question pour ne pas inquiéter les responsables du désastre annoncé. Les Gilets Jaunes le dénoncent comme les militants écologistes. Aujourd’hui la convergence des luttes sociales et environnementales est en route.

Nous continuerons à nous indigner, plus fort, plus souvent, plus ensemble.

Et aujourd’hui, nous appelons à écrire une nouvelle histoire.

Nous écrivain.ne.s, musicien.ne.s, réalisateur.rice.s, éditeur.rice.s, sculpteur.rice.s, photographes, technicien.ne.s du son et de l’image, scénaristes, chorégraphes, dessinateur.rice.s, peintres, circassien.ne.s, comédien.ne.s, producteur.rice.s, danseur.se.s, créateur.rice.s en tous genres, sommes révolté.e.s par la répression, la manipulation et l’irresponsabilité de ce gouvernement à un moment si charnière de notre histoire.

Utilisons notre pouvoir, celui des mots, de la parole, de la musique, de l’image, de la pensée, de l’art, pour inventer un nouveau récit et soutenir celles et ceux qui luttent dans la rue et sur les ronds-points depuis des mois.

Rien n’est écrit. Dessinons un monde meilleur.

A dream you dream alone is only a dream. 
A dream you dream together is reality.

John Lennon

Collectif Yellow Submarine

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Voici 33 noms connus parmi la liste de 1400 signataires visible sur le site

Jeanne BALIBAR / comédienne et réalisatrice

Bruno GACCIO / auteur

Anne-Laure GRUET / actrice réalisatrice

Juliette BINOCHE / comédienne

Denis ROBERT / écrivain, réalisateur

Gilles PERRET / réalisateur

Yvan LE BOLLOC’H / chanteur, comédien

Simon ABKARIAN / acteur, auteur, metteur en scène

Frank MARGERIN / auteur de BD

Emmanuelle BÉART / comédienne

Christine BOISSON / actrice

Robert GUÉDIGUIAN / cinéaste

Anouk GRINBERG / actrice

Jean-Luc MOREAU / metteur en scène

Fanny COTTENÇON / comédienne

Ariane ASCARIDE / comédienne

Annie ERNAUX / écrivaine

China MOSES / musicienne

Elli MEDEIROS / artiste

Luis REGO / comédien

Vincent CESPEDES / philosophe, compositeur

Julien SERI / réalisateur

Niko KANTES (Sporto Kantes) / musicien

Martin MEISSONNIER / musicien, réalisateur

Eva DARLAN / comédienne

Aline PAILLER / productrice radio

Jacques BONNAFFÉ / comédien

Mireille PERRIER / comédienne

Philippine LEROY-BEAULIEU / actrice

Christine CITTI / comédienne autrice

Michel SIDOROFF / auteur et réalisateur

Isabelle ALONSO / écrivaine

Sam KARMANN / acteur, réalisateur

UN CAMOUFLET DE DOUZE MILLIONS

Le Grand Débat de Macron, qui a duré six mois, a coûté 12 millions d’euros. Il avait été précédé par une annonce pour une fois tenue: ce débat aura lieu, avait-il été dit, mais le cap ne changera pas. Pour une fois qu’un président de la République honore sa parole, saluons son honnêteté. Ce prétendu débat avec des interlocuteurs choisis et triés sur le volet par les préfectures a bien eu lieu; il a généré des dizaines d’heures de monologues que les chaines d’informations ont diffusé et commenté avec gourmandise, idem avec les quotidiens et les magazines qui s’en sont repu; aucune instance de régulation genre Conseil Supérieur de l’Audiovisuel n’a imaginé une seule seconde que ce temps de parole devrait entrer dans le décompte du temps alloué aux partis lors de la campagne pour les élections européennes. Ce président qui avait stigmatisé les présidences bavardes de ses prédécesseurs est en train de les enfoncer comme jamais.

Tout ce barnum qui a éloigné le président de la République de son bureau de travail pendant de longues semaines a eu lieu et, après deux longues heures d’un interminable monologue narcissique présenté comme une conférence de presse à même de faire un bilan de ces six mois, nous en avons désormais bien la certitude: rien ne va changer, la direction est la bonne, il faut continuer dans ce sens, et même accélérer le rythme. Le principe étant que, si l’Europe (mot tabou pendant ces deux heures: normal, c’est le mot du seul enjeu véritable…) déçoit c’est parce qu’il n’y a pas assez d’Europe, dès lors il faut plus d’Europe encore. C’est aussi malin qu’un cancérologue qui dirait à son patient souffrant de sa maladie qu’il lui faudrait plus de cancer encore pour aller mieux…

J’ai annoncé la chose et je l’ai écrite plusieurs fois, c’était facile de savoir que les choses se passeraient ainsi. Tout le monde peut désormais le savoir: le Grand (sic) Débat était une affaire d’enfumage pour calmer ceux des gilets-jaunes qui ont cru à cette opération de communication. Je le répète: dans le cadre étroit de l’Etat maastrichtien, Macron n’a pas d’autre choix que de maintenir le cap. Il le maintient. Junker peut lui envoyer des roses rouges.

Cette conférence de presse, c’était en fait le chef de la France d’en haut qui parlait aux domestiques de la France d’en haut pour leur dire que cette même France d’en haut n’avait rien à craindre: le cap maastrichtien allait être maintenu. Les gilets-jaunes disent-ils depuis des semaines que pareille direction conduit aux vortex marins? Leur cas est vite expédié par le jeune homme: "ce ne sera pas une réponse aux gilets-jaunes, mais à tous les Français" -ce qui donne, traduit dans la langue qui pourrait être celle de la meuf Ndiaye propulsée porte parole du gouvernement, probablement pour son style fleuri  et son art de la synthèse: "Virez moi ces gueux, je n’ai rien à dire à ces connards, passons aux choses sérieuses." Le plus honnête eut été de s’exprimer ainsi.


En effet, dès les premières minutes, les gilets-jaunes ont été habillés par le président de la République avec ses crachats habituels: homophobes, racistes, antisémites, complotistes, etc. Les médias ont abondamment délayé ces vomissures depuis une demie année, on connaît désormais très bien ces insultes qui passent pour un argumentaire -c’est ainsi que cet homme à la pensée complexe se repose de trop penser et de penser trop haut.

Moins de cinq minutes après le début de cette sotie -la sotie est une "farce satirique et allégorique du Moyen Âge, jouée par des acteurs en costume de bouffon"- , les gilets-jaunes pouvaient éteindre leur télévision, cette soirée ne serait pas la leur. Pendant des semaines ils ont demandé un orage civique; Macron leur a offert une rosée médiatique et ce fut un pissat de colibri.

"Nous sommes avant tout les enfants des Lumières", a-t-il asséné, probablement après avoir pompé dans le Lagarde & Michard -lui ou la Meuf. A l’écouter, rien n’était moins sûr… Tout dans son intervention était brumeux et fumeux, fuligineux et vaporeux, en un mot: ennuyeux. Rien de la drôlerie ironique de Voltaire, rien de la profonde légèreté de Diderot, rien de la radicalité de Rousseau, rien de la pensée élégante de Montesquieu, rien de l’espièglerie de La Mettrie, rien de la profonde humanité d’Helvétius, rien de la puissance de d’Holbach. De Lumières, il n’y en eut point, juste une veilleuse de nuit au pied du lit. Un colibri vous dis-je. Lui qui, après avoir professé jadis que la culture française n’existait pas, a changé de bord, et ça n’est pas la première fois, en parlant de "cet art un peu particulier d’être français". Pour le coup, ce soir-là comme tant d’autres, il n’a pas été un bien grand Français!

Il se peut qu’armé de cette loupiote il n’ait pas vu grand chose pendant son marathon dans la France rurale. Mais il fit bonne figure et eut toutefois un air inspiré, comme madame Trogneux le lui a probablement appris en jouant "Les Fourberies de Scapin" au lycée des jésuites d’Amiens, un air profond, comme il est dit dans les didascalies des pièces de théâtre du genre: "Ici on aura l’air grave." Après avoir ménagé un silence pendant lequel il devait compter mentalement les secondes "une, deux, trois", il a repris la parole et confessé ces propos d’un converti : il a vu "l’épaisseur de la vie des gens". Tudieu! Le bougre est devenu président de la République alors qu’il ignorait tout de l’épaisseur de la vie des gens! Quel talent ce Scapin qui a eu besoin d’un tour de France à douze millions d’euros pour apprendre ce qu’il aurait dû savoir depuis bien plus longtemps que ça -disons: juste après son stage de l’ENA…

Après la conversion de Claudel derrière un pilier de Notre-Dame, il faut désormais compter avec la conversion de Macron aux pieds d’un pommier de Bourguignotte en Normandie! Il a vu "la France profonde" comme l’auteur du "Partage de minuit" avait vu dieu. Même si cette apparition parait plus modeste, elle mérite d’être marquée d’une pierre blanche. Gageons qu’il en sortira une purification existentielle -c’est du moins ce qui a été annoncé par l’impétrant.

Mais, dans ce tour de France par un seul enfant, Emmanuel Macron n’a pas vu de gilets-jaunes. S’il ne les a pas vus, il ne les a pas entendus non plus -il n’entend que les propos racistes, les propos homophobes, les propos antisémites, etc., que lui rapportent, au choix, le philosophe Castaner, ou le ministre de l’Intérieur BHL, sinon le comédien Luc Ferry ou le penseur François Berléand. Mais ce peut-être aussi Alain Sloterdijk ou Peter Badiou, je ne sais plus, les ennemis des gilets-jaunes ne manquent pas…

Macron n’entend pas les gilets-jaunes, mais il leur répond quand même: vous vouliez le référendum d’initiative citoyenne? Vous ne l’aurez pas bandes de paltoquets! A la place, (il y a des mois que j’annonce que la chose sera ainsi notifiée…), vous aurez l’élargissement du référendum d’initiative partagée. Quèsaco? Un référendum par lequel on demande aux parlementaires, dont les gilets-jaunes veulent faire l’économie, qu’ils en envisagent la pertinence, la validité, la justesse, l’opportunité, puis de décider, ou pas, de l’examiner au parlement, avant de le jeter à la poubelle! Le tout est de savoir s’il sera envoyé à la déchetterie avant ou après l’examen au parlement. Avec ce genre de dispositif, pas de crainte: aucun sujet de société ne sera confié aux gueux, seuls leurs représentants pourront continuer à les trahir. Peine de mort, avortement, contraception, immigration: laissez tout ça aux gens sérieux bande de crétins. 

Vous vouliez la démocratie directe? Vous ne l’aurez pas bande de foutriquets! Et Macron de flatter les élus dans le sens du poil en leur disant qu’une nouvelle décentralisation leur donnerait plus de pouvoir. On a vu il y a peu que le chef de l’Etat a décidé de faire servir des petits déjeuners à un euro dans les écoles de certaines communes tout en laissant aux maires le soin de payer la plus grosse part, après qu’il leur a supprimé les rentrées d’argent comme les taxes d’habitation. Voilà le genre de pouvoir qu’on va donner aux élus qui vont s’amuser en campagne à trouver de l’argent pour payer les réformes décidées à Paris par Macron, le tout avec une caisse qu’il a pris soin de vider au préalable! Vous en vouliez de la démocratie directe? En voilà…

Vous vouliez la reconnaissance du vote blanc? Vous ne l’aurez pas bande de freluquets! Voter c’est élire monsieur Machin ou madame Bidule pour agir en votre nom et place, pas "monsieur Blanc" a dit le président de la République qui a dû pour ce bon mot récolter le jus de cervelle d’une cinquantaine d’énarques mis à la tâche pendant six mois pour obtenir ce seul petit effet.

Vous vouliez le vote obligatoire? Vous ne l’aurez pas bandes de demeurés! Pour la bonne et simple raison que c’est impossible de faire payer une amende à ceux qui ne se déplaceraient pas, qui seraient si nombreux, et qui trouveraient ainsi une occasion facile de passer pour des rebelles.

Vous vouliez la retraite à soixante ans? Vous ne l’aurez pas bande d’attardés! Ce fut un sommet de rouerie politicienne, de sophistique et de rhétorique où il fut dit par Macron qu’il ne toucherait pas aux 35 heures ni à l’âge légal du départ à la retraite, mais, mais, mais: que ceux qui s’évertueraient à partir à soixante ans tout de même n’auraient pas une retraite pleine, c’est-à-dire n’auraient quasi rien. A quoi il a ajouté qu’il faudrait travailler plus pour gagner plus, le tout à négocier par branche dans les entreprises. Ce qui donnait immédiatement cette contre-vérité dans un bandeau passant de BFMTV: "Emmanuel Macron ne veut pas revenir sur les 35 heures, ni sur l’âge légal du départ à la retraite"- pour être juste, une suite aurait dû préciser: "mais vous travaillerez quand même plus longtemps". Des millions de Français sont au chômage, mais la solution pour lutter contre c’est de faire travailler plus longtemps ceux qui travaillent affirme le Président: "c’est du bon sens" a-t-il même dit! Il me semble que le bons sens serait de partager le travail pour alléger ceux qui en ont trop et souffrent de maladies professionnelles, en même temps que de pourvoir ceux qui n’en ont pas et souffrent de leur inexistence sociale.

Vous vouliez restaurer l’impôt sur la fortune? Vous ne l’aurez pas bande de gougnafiers! Cet impôt fait fuir les riches et appauvrit le pays! "On a besoin de riches, sinon qui exploitera les pauvres", aurait presque pu dire le président de la République s’il avait décidé de nous livrer le fond de sa pensée ce soir-là. Que dit d’autre sa foireuse théorie du ruissellement?

Vous vouliez un système de retraite solidaire socialisé? Vous ne l’aurez pas bandes d’argoulets! Bien au contraire, vous allez vous la payer avec un système de points, par capitalisation. Si vous n’en avez pas les moyens, vous n’en aurez pas, c’est tout simple. C’est une version en marche du fameux "salaud de pauvres!".

Vous vouliez la proportionnelle intégrale? Vous ne l’aurez pas bande de tarés! Vous en aurez un peu, suffisamment, mais pas trop, assez pour vous leurrer, mais pas trop pour nous empêcher de vous gruger. La chose est voulue par le président de la République et, comme il faut bien paraître gaullien de temps en temps, en vertu du principe que le président préside et que le gouvernement gouverne -Macron confie en passant qu’il a relu Michel Debré, quelle conscience professionnelle!-, le Premier ministre verra pour l’intendance… Les ciseaux du ministre de l’Intérieur reprendront du service et les circonscriptions seront taillées pour bien partager le gâteau entre maastrichtiens de droite et maastrichtiens de gauche. 

Vous vouliez une Constituante? Vous ne l’aurez pas bande de paumés! En lieu et place d’une autre assemblée, on garde la même et on la dégraisse un peu en réduisant le nombre d’élus. De combien demandera une journaliste? Le chef évacuera la question de l’impertinente en disant que sa valetaille gouvernementale verrait ces choses-là plus tard et en son temps.

Vous vouliez la fin de l’ENA? Vous ne l’aurez pas bande de décérébrés! Mais, on annonce quand même que vous l’aurez pour mieux la maintenir: en gros, on garde les locaux, on garde le personnel, donc les enseignants, dès lors je vois mal comment ils pourraient y enseigner autre chose et autrement que ce qui s’y trouve déjà enseigné, mais l’ENA changera de nom parce qu’on va la refonder!  Abracadabra…

Pour le reste des revendications des gilets-jaunes, il n’en fut pas du tout question! Rappelons-en quelques-unes: loger les SDF; modifier l’impôt; y assujettir les GAFA; augmenter le SMIC; mener une politique en faveur des petits commerces en ville ou dans les bourgs; supprimer les taxes sur les carburants; interdire les délocalisations pour protéger l’industrie française; en finir avec le travail détaché; lisser les systèmes de sécurité sociale; limiter le nombre des contrats à durée déterminée et augmenter le nombre des contrats à durée indéterminée; activer une réelle politique d’intégration des immigrés; mettre fin aux politiques d’austérité indexées sur le remboursement de la dette; limiter le salaire maximum; encadrer les prix des loyers; interdire la vente des biens nationaux; accorder des moyens à la police, à la gendarmerie, à l’armée, à la justice;  payer ou récupérer les heures supplémentaires effectuées par les forces de l’ordre;  réinstaurer un prix public convenable du gaz et de l’électricité; maintenir les services publics en activité; couper les indemnités présidentielles à vie – toutes choses auxquelles je souscris. Le silence du chef de l’Etat sur ces questions dit tout: vous n’aurez rien!

Quand fut venu le temps des questions, alors qu’on lui demandait si cette conférence de presse annonçait un nouvel acte dans sa politique, il a vrillé de la bouche, frisé des yeux, on a bien vu qu’il a retenu une idée parce que probablement trop provocatrice; il s’est contenté de récuser le mot -qu’il utilisera quand même plus tard…-, avant de dire qu’il était préempté par les gilets-jaunes dans leur "gymnastique"- coup de pied de l’âne…

Ensuite, dernière allusion aux gilets-jaunes, il fit savoir qu’ils pouvaient bien continuer à brandir des pancartes "longtemps" et que ça ne l’émouvait pas -on avait bien compris…

Puis, conclusion dans la conclusion, la métaphore de la cathédrale détruite et à rebâtir fut convoquée. La Meuf a dû  trouver que rameuter l’incendie,  c’était bon pour l’image. Pour un peu, Macron nous aurait dit que, via Notre-Dame de Paris, la vierge Marie elle-même irait voter pour sa liste aux prochaines élections européennes. Son staff n’a pas osé aller jusque là, mais il s’en est fallu de peu…

Ce fut donc un très grand discours de campagne pour un candidat qui aspire à devenir président de la République. Mais il faudrait peut-être que quelqu’un dise à ce jeune homme -la Meuf peut-être?- que, président de la République, il l’est déjà depuis deux ans et qu’il serait temps qu’il s’en aperçoive. Le temps est passé du verbe, des mots, des paroles, de la rhétorique, de la logorrhée, de la verbigération. Six mois de monologues avec les moyens pharaoniques de la République pour un coût de 12 millions d’euros, c’est un camouflet pour les gilets-jaunes qui aura décidément coûté bien cher. Or, les camouflets restent rarement sans réponses. Leçon élémentaire d’éthologie. 

Michel Onfray

Pour parler de nous et de notre mouvement - nous l'avons fait au début -, nous parlions de nos difficultés à vivre décemment, de nos problèmes d'argent, de survie, du syndrome du frigo vide, du déclassement social, et, pour faire court, de notre misère. Nous l'avons fait et continuons de le faire tant ces sujets restent d'actualité et n'ont pas été réduits.

Pour autant, notre discours a évolué.

Au début, nous nous exprimions ainsi, et par souci de synthèse, nous nous en tenions à ces formules chocs qui permettaient de mobiliser l'opinion publique autour des "pauvres" qui réclamaient justice, aide et soutien. Nous pouvions nous le permettre puisque tout y était vrai.

Ainsi, par cet "appel des pauvres", nous avons été identifiés comme tels auprès du reste de la population, mais les choses ne sont pas si simples.

D'abord, c'était sans compter avec la duplicité de nos détracteurs puissants et intéressés, avec la haine quasi atavique de beaucoup pour les pauvres, et enfin sans compter avec nos propres différences.

Pour nos détracteurs, il n'est pas nécessaire d'aller bien loin pour décrypter les moyens qu'ils ont mis en oeuvre afin de nous affaiblir et je me contenterai de les énumérer. Ils ont sans vergogne exploité nos différences, les ont exagérées et en ont inventées de toute pièce. Ils se sont joués de nos divergences d'opinions politiques et sociétales, ont fait fantasmer les non-gilets jaunes sur de supposées postures extrémistes, racistes, complotistes, favorisé et provoqué les débordements violents, etc... Mission discrédit, affaiblissement, découragement. Mission "diviser pour mieux régner".

Ces constatations connues et évidentes étant faites, ce qui reste à dire ici s'adressera à "ceux qui n'aiment pas les pauvres" et à nous-mêmes.

Revenons au début de ce propos et, en l'occurrence, à "l'appel des pauvres" constitutif de nos premières expressions. Il est temps d'entrer dans la nuance, de l'expliciter, de contourner les pièges et de sonder enfin notre/nos identités.

De tout temps, et à notre époque plus encore, l'édification d'un "récit" est nécessaire à toute cause, tout mouvement. Elle passe par une communication simple et cohérente. Tout est devenu marketing et, consciemment ou pas, nous nous y sommes pliés.

Les commentateurs - dans un premier temps - ont choisi de souligner l'authenticité de notre mobilisation, hors corps constitués, hors partis, hors sol.
Surprenants à tous les titres, notre force et notre charme résidaient donc dans l'authenticité, cette caractéristique devenue si rare, si fascinante à mesure que ce monde s'est artificialisé, mécanisé, avatarisé. Le peuple au large, plutôt d'en haut, s'en émerveillait, un peu, et s'en effrayait beaucoup.

Rendez-vous compte, ces gens que nous étions, que nous sommes, nous les pauvres, détenions certainement en notre coeur, encore quelques traces de ce qui ne saigne plus dans le foie des nantis ; nous les "gens", les pauvres, détenions certainement encore de ce suc sauvage et vigoureux qui ne coule plus sous les bijoux rutilants des bourgeoises et les cachemires des patrons-traders-affairistes-banquiers globalisés et globalisants ; nous les pauvres recelions en nos entrailles encore de ce bouillonnant romantisme des barbares ivres d'horizons perdus.

Alors, pour nous réduire, ils ont dit que nous étions d'ici, et eux d'ailleurs et de partout alors qu'ils sont de nulle part ; que nous étions immobiles, et eux "en marche" alors qu'ils sont en fuite ; que nous étions la terre boueuse, et eux le ciel alors qu'ils sont les courants d'air. Cela, ils l'ont senti et même théorisé ("La diagonale du vide" et autres thèses sur les fractures sociales et territoriales).

Ensuite, ils nous ont mis dans une case, celle dans laquelle les anthropologues ont catalogué jadis les peuples primitifs, celle où ont été placés les aborigènes, les amazoniens, les peaux rouges et toute sorte de peuples exotiques à force d'être trop étrangers, trop étranges.

Maintenant, il ne reste plus qu'à nous massacrer, ou à nous sacrifier comme ils l'ont fait avec la paysannerie européenne du début du siècle, nos aïeux, au cours de la guerre de 14-18.

Ainsi, en nous victimisant pour structurer notre discours de "pauvres", nous avons signé notre arrêt de mort.

Voilà pourquoi il est grand temps - s'il en est encore temps - de dire ce que nous sommes exactement. Notre "récit" doit changer et s'attacher à dévoiler notre réelle identité.

Nous devons maintenant nous l'avouer. Nous avons succombé à l'injonction du marketing ambiant, de l'obligatoire "story telling", parole factice et mensongère s'il en est. Entendons-nous bien, nous y avons été poussé - par les médias et leurs éditorialistes - ; nous n'en sommes donc pas coupables, mais nous avons laissé faire... donc un peu responsables.

En vérité, nous ne sommes pas tous pauvres, pas tous nécessiteux, pas tous aux abois. D'ailleurs, tous ceux-là ne nous suivent pas forcément.

Parmi nous, un grand nombre - sans doute le plus grand nombre - fait partie de la classe moyenne. Nous avons reconnus dans nos rangs beaucoup de chefs de petites entreprises, beaucoup de fonctionnaires et assimilés, des artisans, des commerçants, beaucoup de professions socialement intermédiaires (chauffeurs, garçons de café, caissières, aides-soignants, brancardiers, employés-coiffeurs, livreurs...) mais aussi des médecins, des chirurgiens, des avocats, des journalistes, et même quelques redevables de l'IFI (on en connaît !)...

Toutes ces personnes parviennent encore à subvenir à leur besoins et, pour preuve, ont les moyens de se mobiliser en finançant elles-mêmes leurs déplacements à travers la France pour participer aux manifestations.
Tout cela est d'ailleurs énoncé jusque sur les plateaux médiatiques qui nous sont si systématiquement défavorables. ("Mais comment font-ils pour payer leurs billets de train ? Voyez qu'ils ne sont pas si à plaindre !!!" "Ils ont des portables pour filmer. Comment payent-ils leurs abonnements ?", "Des beaux blousons...", "comment se payent-ils leurs banderoles ?", etc...)

Ainsi les Gilets Jaunes sont constitués de beaucoup de "pauvres" effectivement, mais essentiellement de français des classes moyennes (CSP- et CSP+), et enfin de quelques privilégiés du système.

Une fois établie, cette sorte de statistique grossière suffira-t-elle à recadrer notre "récit" ? Certes non. Il s'agit maintenant de définir ce qui fait cause commune auprès de personnes si disparates socialement. Rappelons aussi que cet agglomérat de citoyens est profondément écartelé du point de vue appartenances politiques, inclinaisons sociétales, et même aspirations religieuses.

Alors quoi ? Nos détracteurs pourront effectivement en appeler au grand n'importe quoi, accuser notre attelage contre nature, de lame de fond destructrice puisque sans tête ni raison. Pour ces gens qui n'y comprennent rien et qui, pour s'en dédouaner, démontrent si bien notre incohérence, nous sommes l'anarchie la plus sombre menée par les barbares. 

A ce stade d'aveuglement, dont ils ne voient pas comment s'extraire, ils pourraient ne pas avoir tort.

C'est là, chers amis, que notre "récit" commence véritablement.

Notre "récit" commence avec notre sensibilité à l'injustice sociale. Ce n'est pas un scoop ni même un fait récent, hélas. Alors qu'est-ce qui a changé pour qu'aujourd'hui nous nous regroupions en nombre autour de cette plaie ?

Certains analyseront la chose par l'émergence des réseaux sociaux et la diffusion induite des scandales et autres aberrations du système portés à la connaissance de tous les citoyens. C'est certainement un des facteurs mais, à mes yeux, il est insuffisant. En 1789, en 1830, en 1848, en 1936, en 1917 en Russie, etc... les réseaux sociaux n'existaient pas.

Connaitre des malaises du monde ne suffit pas, ne suffit jamais. Les masses et les hommes qui les composent sont égotiques et ne réagissent vraiment que face à ce qui les concernent directement. Il y a même une règle journalistique qui énonce clairement (et cyniquement) cela : le degré de réaction des lecteurs-auditeurs-téléspectateurs est inversement proportionnel à la distance à laquelle se déroule un drame et non pas proportionnel au nombre de victimes. 10 morts dans un bus accidenté en France sera plus "couvert" qu'une famine faisant des millions de morts à 15 000 kms de là.
Les masses doivent être directement concernées par le "malaise" et leur réaction dépendra de son intensité, et sa prospérité, du nombre de personnes touchées par celui-ci.

Ainsi ce qui a fait émerger notre mouvement sont l'intensité des injustices sociales subies et leur généralisation (aidées par la mise en réseau des ressentiments).

D'ailleurs, le gouvernement ne s'y trompe pas en cherchant à satisfaire telle ou telle catégorie de mécontents par des mesures "cosmétiques" parfois, et surtout par des enfumages en série. Diviser pour mieux régner.

Mais il reste encore une dimension mystérieuse dans notre mouvement. En parlant d'intensité, on pourrait penser que nous faisons nous-mêmes partie d'une population qui n'a plus rien à perdre. Voilà la limite que les puissants s'exercent à ne pas atteindre. L'émeute dangereuse est celle qui agrège des jusqu'au-boutistes, l'émeute animale luttant pour sa survie, acculée, au point que chaque individu sacrifie son instinct de conservation au profit de la meute.

Ores, nous l'avons vu, nous sommes majoritairement des représentants de la classe moyenne. Cherchez l'erreur...

Nous avons pour la plupart d'entre nous, effectivement, quelques biens, quelque confort, quelques miettes à perdre. Alors si nous manifestons, si nous nous mobilisons, si nous risquons de nous retrouver en prison, de nous faire casser la gueule, de nous faire mutiler, c'est sans doute qu'il y a quelque chose d'autre, quelque chose de plus grand en nous qui fonde ce mystère. Parce que notre mouvement ne va pas de soi, notre mouvement n'est pas naturel, et c'est sans doute ce qui effraie le plus nos ennemis.

Nos ennemis ne peuvent définitivement pas comprendre ce qui, pour nous, est une évidence. Nous avons ce que ceux qui se sont endormis n'ont pas, et ce que ceux qui ont fait sécession n'auront jamais : une vision globale, historique et ambitieuse de la nation, ... des nations. Nous avons une conscience sociale.

Nous avons une conscience sociale là où il n’ont comme moteur que la rentabilité et l’intérêt financier. Ils se rengorgent de pragmatisme et d’efficacité pour justifier leurs actes. Pragmatisme pour évacuer toute morale, Efficacité pour évacuer tout compromis. Et Profit comme seule religion.

Ils font campagne en se drapant derrière de nobles idées : Démocratie, bien commun, état providence, solidarité, prospérité, santé pour tous, culte du bonheur et du bien-êtreChacun de ces mots claquent dans leur bouche comme des slogans publicitaires, autant de miroirs aux alouettes à fins de consommation. Mais derrière chacun de ces mots, ils promotionnent le strict contraire.

Voyez-en les résultats : Démocratures, états policiers, disparition des services publics, des protections sociales, baisse des salaires, pollutions des sols, de l’air, disparition des classes moyennes, "ubérisation" du travail, paupérisation des peuples, déchéance des enseignements,

Difficile de croire que leur cupidité psychopathique les aveugle au point de n’être pas conscients, responsables et coupables de cette déliquescence.

Regardons ce qui est fait : privatisation des banques nationales, contrôle des semences, brevetage du vivant, internet des objets, big data, fichage de masse, reconnaissance faciale, contrôle de l’énergie, de l’eau, privatisation de tout ce qui est vital, disparition programmée de l’argent liquide, programmes de puçage RFID, vente des patrimoines nationaux, mutuelles d’entreprises obligatoires, disparition des petits commerces, étouffement et/ou rachat des PME et de l’artisanat, mort des paysanneries, ventes des terres agricoles à des multinationales, obsolescence programmée, développement de cartels mondiaux dans tous les domaines (médias, transports, énergie,…), fraude fiscale, bénéfices off-shore, shadow banking, trading haute fréquence, spéculation sur les denrées alimentaires et les famines qui en découlent, …

Sans oublier « l’hypocrisie climatique » : Exploitation des gaz de schiste, des pétroles bitumineux, de nouvelles plateformes de forage… le maintien et redémarrage des centrales charbon, la plastification des terres et des océans, l’entêtement obsessionnel pour la filière nucléaire… le déni des pollutions chimiques, l’amoncellement des déchets et le massacre de la biodiversité. Leur réponse : le « green washing »

Alors des mains obscures qui régneraient sur ce monde qui s’assombrit de jour en jour existent-elles ? On ne peut pas l’affirmer, le complotisme a bon dos. Mais une chose est sûre, la "convergence des chaos" n’est possible que par la diffusion insidieuse dans des esprits petits, sans vision et sans affect d’une idéologie mortifère : la croissance à tout prix. Au prix des vies, de la vie, de toutes les vies et au prix de la planète.

Ces "petits esprits" ont beau porter cravate et attaché-case, banquiers, assureurs, DRH, éditorialistes, hauts fonctionnaires, chefs de parti ou députés, ils n'en sont pas moins des exécutants sans recul, sans réflexion. On aurait envie que quelqu'un puisse leur dire : "Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font." Mais celui-là a été crucifié il y a bien longtemps par leurs propres ancêtres... Et ce n'est pas notre affaire, car nous, nous n'entendons pas nous laisser crucifier sans réagir.

Les jugements et les regards de notre temps sont tellement corrompus, l'intelligence tellement pervertie, qu'on en arrive au comble des combles : on nous traite de barbares ("ceux qui ne sont pas civilisés", pour les grecs anciens), alors que nous sommes tout le contraire. Et que ce sont ceux que l’on combat qui sont les barbares.

Ils provoquent les conflits, incitent aux déflagrations populaires dans les pays et par-delà les frontières, mettent en concurrence les individus et les peuples, promotionnent les guerres par appât du gain, vendent les armes pour ce faire. Ils tuent pour leur prospérité sans même descendre dans l’arène. Ils sont sans honneur. Ils sont la haine, la mort et la désunion.

L’union nous la portons en nous. Elle est l’Alpha et l’Oméga de notre cause. Elle est en bas, enfouie sous les décombres du chaos en marche. Parce que les communautés d’hommes ne sont pas planétaires et encore moins mondialisées, parce que depuis des millénaires, elle n’a pas été dépassée, notre Union rime avec Nation.

Voilà ce qui nous unit. La nation, "qui se caractérise par la conscience de son unité et la volonté de vivre en commun" (définition). Voilà tout ce à quoi nous aspirons, et tout ce qui n'inspire plus les impétrants du grand large mondialisé, lâchant volontiers la proie pour l'ombre, prêts à sacrifier la terre qui les a nourrit et ceux qui la peuplent, trahir leur mère et leurs ancêtres pour des horizons aussi éblouissants que futiles.

Nous sommes bien plus philosophes que ces nantis. Dans conscience sociale, il y a solidarité, sens moral, il y a conscience de la vanité des choses, conscience de notre finitude, il y a conscience du réel, de la terre, il y a le mur et la distance, le poids et le rêve, il y a le profond sous la surface.
La nation (du latin natio, dérivé du verbe nascere « naître »), c'est être au monde, et le voir tel qu'il est, sans artifice, sans faux semblant, sans transcendance vaniteuse et virtuelle.

Tout cela, nos gouvernants l'ont oublié (ne l'ont-ils jamais su ?). Ils ont appris les mots comme on apprend les prières au catéchisme, les psalmodient pour se faire élire et passent vite au blasphème. Ressortent leur bréviaire quand c'est nécessaire, pour endormir l'église des votants et recrachent dans le bénitier une fois la messe dite.

Nous, gilets jaunes, sommes les mécréants immunisés contre ces sermons mensongers. Notre antidote ? Notre conscience sociale qui nous a ouverts les yeux.

Nous savons d'où vient l'argent, nous savons comment il circule, et où il va. Nous avons décodés le grand livre des argentiers. Nous en connaissons les soi-disant mystères. Nous n'écoutons plus les jésuites médiatiques qui nous expliquent à longueur d'éditoriaux qu'il n'y a plus d'argent, qu'il faut réduire les dépenses publiques, qu'il faut travailler plus et mieux, qu'il faut qu'on en bave.

D'un coup de bonneteau (le 10 décembre dernier), on déplace 10 milliards d'une enveloppe à une autre, et on veut nous faire croire qu'on a été cherché 10 milliards pour nos beaux yeux (où ça d'ailleurs ?), alors qu'on nous les a littéralement pris dans une poche pour les mettre dans une autre. Des arracheurs de dents !

Nous avons la conscience sociale et, désormais, le regard aiguisé qui va avec.

L'argent, ce sont les banquiers qui le créent... à volonté. Ils le dispensent à qui ils veulent, et pressent les autres. Ils le prêtent contre rançon. Et l'argent de la rançon, personne d'autre qu'eux n'a les moyens de le créer - ils s'en sont arrogés le monopole par-dessus les états -. Donc, macro économiquement, ils nous demandent de leur trouver de l'argent qui n'existe pas... puisque non créé. Notre argent - enfin l'argent qui circule - n'est que dette et personne, jamais, ne pourra la rembourser. Une fuite en avant sans fin... sinon celle de la planète. Le système monétaire est une gigantesque pyramide de Ponzi et tout le monde fait mine de l'ignorer.

Nous avons les yeux grands ouverts, et nous ne les baisserons pas.

C'est à se demander si nos chers communicants, journalistes, intellectuels et politicards connaissent le système dans lequel ils vivent. En fait, il y a fort à parier que la majorité de ces sachants, qui nous font la leçon derrière leurs micros, ignore même l'existence de la nasse dans laquelle ils évoluent avec nous. Plus confortablement, certes, mais tout aussi prisonniers.

Bienheureux ceux qui ignorent les barreaux de leur cellule, et forts de leur déni, ils n'hésitent pas à mordre ceux qui tentent de les leur montrer. Nous sommes les complotistes, les fâcheux qui dérangent les certitudes et voudraient souiller leur bonheur de lobotomisés.

Pourtant, ceux-là mêmes qui ne veulent pas voir, se bercent de scenarii dystopiques tels Blade Runner, V comme Vendetta, Brazil, Soleil Vert, 1984, Avatar, ... comme on prend ses cachets, comme des enfants auxquels on lit des contes chargés de monstres cauchemardesques et de grands méchants loups avant qu'ils ne s'endorment. Une thérapie millénaire où président les spectres des sauveurs providentiels, des super-héros et des princes charmants. Ceux-là qui sont dans le déni se shootent aux happy ends hollywoodiens alors qu'ils sont dans la Matrice. La matrice, non pas numérique, mais financière.

Nous, gilets jaunes, sommes le peuple de la caverne qui a cessé de regarder flotter les ombres sur la paroi ; nous, gilets jaunes, forts de notre conscience sociale, sommes voués à affronter le malheur pour le réduire ; nous, gilets jaunes, sommes les intranquilles qui ne trouveront le sommeil qu'à la fin des oppressions monétaires ; nous, gilets jaunes, sommes les terriens qui ne renonceront que lorsque la planète sera lavée de ses vampires suceurs de nature.

Voilà ce que nous sommes, frappés à la fois par le mal-vivre et par la conscience du mal.

En descendant dans la rue, nous avons fissurés la façade de cette fausse démocratie, nous avons exposés au grand jour les hypocrisies du monde, nous avons fait sortir de sa tanière la bête qui nous oppresse ; elle a montré son vrai visage en nous envoyant ses nervis.

Nous en appelons à tous les éclairés de ce monde, les "nuit debout", les écologistes militants, les dévoués du monde associatif, les laissés-pour-compte de tout bord. Nous sommes de droite, de gauche, des extrêmes et de nulle part, nous sommes tous ceux qui ont compris que plus rien ne tourne rond, que quelque chose de grave se dessine... Nous en appelons à tous les indignés.

Rejoignez-nous. Il est temps que quelque chose se passe et qu'une bonne nouvelle advienne.

Force et honneur ; on ne lâche rien.

Jean-Charles Aknin

 

 

Décryptage des techniques d'enfumage de Macron

Macron mérite beaucoup de surnoms.
On pourrait l'appeler Macron le bonimenteur, Macron "tout et son contraire", Macron l'anté-peuple, Macron l'éborgneur....

On peut gloser sur ces qualificatifs, mais une fois fait, il reste que le personnage continue de nuire.

L'outrance du personnage désarçonne souvent ceux qui voudraient démonter sa rhétorique et lui opposer une résistance argumentée. Expliquer les mécanismes de son discours est un début.

Fort du pouvoir qu'ON lui a octroyé (ON : ses parrains de l'oligarchie eurotechno-médiatico-financière française et européenne - lui, étant le pantin), il se contente d'affirmer en décrétant, ou de décréter en affirmant, avec, comme seul appui, - pour faire croire au respect du couple dialectique affirmation-argument -, comme seul appui donc, un axiome énoncer avec aplomb au cours de scénettes autour desquelles il s'est assuré que nul ne pourra lui porter la contradiction.

Prises de parole hégémoniques, monologues, allocutions télévisées, conférences de presse sans question et même sans presse. Macron ne supporte pas la contradiction, ni même l'idée de la possibilité qu'il y en ait une.

Ces artefacts monomaniaques fusant de neurones en neurones dans le confinement de la boîte crânienne d'Ubu-roi seraient sans doute aisément remis en cause s'il ne couplait ses diktats d'une communication funestement efficace. Maîtrise totale des médias, loi sur les fake-news, noyautage des dissidences institutionnelles (parlement), loi sur les lanceurs d'alerte, atteintes aux libertés de la presse, à la liberté d'expression, de manifester, etc... Et pour couronner le tout, s'il ne pratiquait pas avec morgue et cynisme une licence ahurissante pour le "plus c'est gros, plus ça passe" et, disons-le, une belle intégration de la "Stratégie du choc".

Il n'est donc pas loin d'avoir coché toutes les cases du parfait petit dictateur. Mais il doit encore donner le change aux masses silencieuses, endormies, ignorantes bienheureuses. Voilà pourquoi l'enfumage reste une pratique à laquelle il doit encore (pour un temps) s'adonner.

Qui dit enfumage, dit obscurcissement volontaire.
Pourtant, face à Macron, le nuage de fumée est simple à disperser. Il est si prévisible.

« Jeu de bonneteau »

Comme on en a eu un bel exemple le 10 décembre 2018 (100€ pour le SMIC, moratoire de 6 mois sur les CSG des retraités et primes « magiques » de 1000€ - voir article du site), la posture (l'imposture) est toujours la même : faire croire à sa « générosité » et/ou argumenter qu’il n’a pas le choix… qu’il faut faire des efforts... blablabla.

Ainsi depuis plusieurs mois maintenant, on entend les mé(r)dias nous asséner en boucle un mensonge énorme :
Le 10 décembre, Macron aurait « sorti » 10 milliards pour satisfaire aux revendications des Gilets Jaunes.
10 Milliards !!!???

Alors - bien qu’il faudrait se pencher sur le montant et voir comment il a été calculé – oui, une « certaine somme » a été mobilisée.
Mais tout est dans les termes « sorti » ou « mobilisé ». En fait, d’où vient l’argent ?
Eh bien, cela n’étonnera pas grand monde : de la poche des français.

On assiste purement et simplement à une manipulation basique de l'argent public, à une passe de jeu de bonneteau.

La boîte à chaussures

Une image vaut souvent mieux que de grands discours

Figurez-vous le budget de l’Etat comme une grosse « boîte à chaussures », comme celle dans laquelle les familles mettent leurs enveloppes de dépenses. Une pour le loyer, une pour les courses alimentaires, une pour les enfants, une pour les transports, une pour le chauffage, une pour les vacances, etc...
Hé bien, Macron, le 10 décembre, a pris dans l’enveloppe des classes moyennes et a abondé l’enveloppe des smicards.
Il n’a jamais fait que cela… Comme celui qui manipule les cartes au bonneteau.

Alors quand vous l’écoutez (si vous en avez encore la force) et/ou pour répondre aux macro-maniaques lobotomisés, vous n’avez qu’une grille de lecture à vous mettre en tête :
Macron est-il en train de mobiliser de l’argent venant d’ailleurs que de NOTRE « boîte à chaussures » ?

Pourtant les ressources ne manquent pas. L’argent pourrait venir :

  • de taxes sur les marchés boursiers (type taxe Tobin),
  • de taxes sur les importations de produits exonérés de normes (sanitaires, sociales, écologiques,…) dans leur pays de production,
  • de la fraude fiscale et de la fin de l’hypocrite "optimisation" fiscale,
  • de l’imposition réelle des grandes entreprises,
  • des bénéfices off-shore (pour échapper à l’impôt) et autres gains générés dans les paradis fiscaux,
  • des fonds d’assurances toujours plus avares,
  • des niches fiscales de confort,
  • des salaires iniques des élus et des hauts fonctionnaires,
  • des « généreuses » fondations de milliardaires et autres monstres capitalistes,
  • des dépenses somptuaires de l’état,
  • de l’annulation massive des cartes de sécurité sociale utilisées indûment à l’étranger (14 Mrds!)
  • ...

Non. Macron prend l’argent dans une de NOS enveloppes et le met dans une autre.
Simple non ? Pourquoi s’embêter plus que ça ?

Et si, comme il le prétend, il a été effectivement frapper à la porte de France Trésor pour emprunter cet argent sur les marchés, ce ne sera toujours pas dans les poches de ses richissimes sponsors qu'il l'aura pris... mais encore et toujours dans nos poches délestées de cette dette supplémentaire. Fastoche !

Voilà tout son « talent ». Pour le « Mozart » de la finance, on est loin du compte.
Si peu d’imagination, si peu de volonté politique, si peu de compassion pour les citoyens qu’il met aux abois.
Le « bien commun » lui est totalement étranger.

Macron est le féal des nantis et, crétin celui qui n’en a pas conscience.

Voilà.
Que l’image de la « boîte à chaussures » vous soit présente à l’esprit pour dissiper l’enfumage permanent qui, hélas, embrume l'esprit de trop nombreux français… Mais, soyons optimistes ; mais de moins en moins.

Force et honneur.
On ne lâche rien.

Jean-Charles Aknin

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