A-t-on jamais compté sur un euro-macroniste pour s'abstenir ?
A-t-on jamais entendu un euro-macroniste contester le système électoral ?

A-t-on jamais vu un euro-macroniste faire un bras d'honneur au "simulacre démocratique" ?
Non. Un euro-macroniste va voter... surtout s'il a peur du Jaune !

Par contre, beaucoup d'opposants, gilets jaunes, eurosceptiques, anti-capitalistes en appellent au Boycott.

Ainsi, le siphonnage des voix issu d'un Boycott
n'asséchera que les réservoirs d'opposition 
et n'empêchera pas les urnes LREM de se remplir.

CQFD.


Voilà en 8 lignes, résumés l'enjeu et le rapport de force.

Alors de 2 choses l'une :

Soit on considère que la priorité est de dégager Macron,

Soit on considère que la priorité est de satisfaire un credo personnel, construit de longue date, qui a conclut à une abstention inconditionnelle.

Tout est dans le mot "inconditionnelle". Si la posture est inconditionnelle alors pourquoi même parler de "dégager Macron". Les tenants du boycott s'en moquent. Mélenchon, Le Pen, Kim Jong-un seraient au pouvoir, les partisans du boycott n'iraient pas voter.

D'emblée, on comprend que ceux-là sont sortis (se sortent eux-mêmes) du jeu d'échange argumentaire et des choix de stratégie. Pas de discussion possible. L'abstention est un choix dogmatique qui n'a que faire de la cause des Gilets Jaunes.

Par contre, pour ne pas opposer un dogme à un autre, s'il était prouvé que s'abstenir pouvait dégager Macron, l'abstention satisferait à la priorité "dégager Macron" et il faudrait s'abstenir.

Mais jusqu'à présent, un vote d'opposition menant LREM à 15% affaiblira plus Macron, qu'une abstention à 70% qui fera sortir Macron à 28% des votes exprimés. Et plus l'abstention sera forte plus Macron montera : 75% d'opposants s'abstiennent !? ; c'est Macron à 32%... C'est de la mathématique.

"Oui mais de toute façon, Macron ou un autre, ce serait du pareil au même."

Non. Jusqu'à présent le seul à faire donner la troupe, à mutiler, frapper les citoyens, à remettre en cause toutes les libertés fondamentales, à emprisonner pour délit d'opinion... c'est Macron.
Donc non, ce n'est plus du pareil au même.

L'auteur de ces lignes s'est déjà abstenu par le passé, mais les enjeux ont changé de dimension. Il y a urgence, il s'agit d'un réel combat qui ne souffre plus d'aménager son confort intellectuel, et de préserver sa "pureté citoyenne". Tout cela n'est plus que coquetterie politique. Il n'est plus temps de jouer avec ces nuances qui, hélas, n'ont plus lieu d'être.

Rappelez-vous du film "L'armée des ombres". Des résistants pacifistes ont dû égorger des balances collabos, prendre des vies dans leurs attentats, éliminer même des amis résistants qui seraient obligés de parler... Ceux-là auraient bien voulu avoir le luxe de pouvoir "s'abstenir". Nous n'en sommes pas à combattre l'occupation nazie, bien sûr... Mais ce rappel pourra permettre de faire comprendre qu'il y a un temps pour tout.

Un dernier mot sur l'abstention en général. L'abstention n'est une option valable que si les votes blancs sont décomptés et valides. L'abstention sans vote blanc reconnu est un coup d'épée dans l'eau.

A vos bulletins !!

Jean-Charles Aknin

Copie de l'Article paru dans LE BLOG DE JMF NICE de Médiapart 


Réponse à la lettre de M. Christian Estrosi (Gilets Jaunes Nice Garibaldi)

22 MAI 2019

Communiqué de Presse en réponse à la lettre de M. Christian Estrosi, Maire de Nice, adressée au Procureur des Alpes Maritimes (13 mai 2019), par le groupe Gilets Jaunes de Nice-Garibaldi.

M. Christian Estrosi demande dans sa lettre au Procureur datée du 13 mai 2019 "d'appliquer les dispositions pénales'' prévues dans l'article 431-9 du Code pénal, punissant de six mois d'emprisonnement et de 7500 euros d'amende les personnes ayant organisé des "manifestations illégales''.
Il fait référence, pour justifier sa demande, aux manifestations et actions dans le cadre du mouvement des Gilets Jaunes (GJ). Son argumentation comporte plusieurs inexactitudes que nous souhaitons corriger :

1- Selon M. Estrosi, les revendications des GJ sont "contradictoires", sans précision concernant ces éventuelles contradictions. Nous rappelons au Maire que nos revendications ont été clairement communiquées : plus de justice sociale, plus de justice fiscale et plus de participation citoyenne dans la vie politique (RIC).

2- Il affirme dans sa lettre que nos "manifestations dégénèrent". Les citoyens de la ville ainsi que les forces de l'ordre qui nous ont vus manifester depuis 27 semaines savent que cette affirmation est fausse.

3- M. Estrosi dénonce un "impact direct" des manifestations sur l'activité commerciale. Les chiffres indiqués dans sa lettre (recul de 25% de l'activité commerciale) correspondent à des statistiques nationales, qui ne correspondent en rien à la réalité de Nice. De plus, les chiffres cités concernent l'année 2018 alors que le mouvement des Gilets Jaunes n'a commencé que le 17/11/2018, en toute fin d'année... Lors de nos manifestations, nous défilons devant des terrasses de cafés pleines, et des boutiques et commerces qui semblent fonctionner normalement. Les rares et courtes fermetures de magasins semblent avoir été provoquées par des messages alarmistes de la Mairie elle-même (cf. le 23 mars). Par ailleurs, les blocages "géants" des autoroutes, de la frontière, des routes nationales, ou des axes niçois tels la Promenade des Anglais ont toujours été le fait des forces de l'ordre sur décision politique.

4- Nous reconnaissons que nos actions provoquent malgré tout quelques perturbations à la circulation. C'est cependant la seule façon qui nous est laissée, dans un cadre légal et pacifique, de faire entendre notre opposition à la violente politique anti-sociale du gouvernement d'Emmanuel Macron, et d'opposer une autre vérité à la logique néo-libérale et aux récits biaisés véhiculés par les moyens de communication "officiels" (journaux et chaines de télévision).

5- M. Estrosi mentionne un préjudice concernant l'image des collectivités. Aucune étude ne corrobore cette affirmation. C'est plutôt la réponse répressive du gouvernement, démontrée dans les nombreux documents disponibles sur les réseaux sociaux, qui ternit l'image de la France réputée être le pays des Droits de l'Homme. Ces images et vidéos montrent des manifestants pacifiques et sans armes, hommes, femmes, personnes âgées ethandicapées, se faisant gazer et/ou mutiler, et maltraiter par des forces de police dans de nombreuses villes de France. Pour autant, à Nice, nous tenons à souligner que le comportement des forces de l'ordre a été globalement correct, hormis le "samedi noir" 23 Mars 2019. Ce jour là, 8 personnes ont été blessées au sang dont Mme Geneviève Legay, alors qu'aucun Black Block ou autre "casseur patenté" n'a jamais été vu dans les manifestations niçoises contrairement aux déclarations de M. Estrosi.

6 - M. Estrosi fait référence à la "dégradation de biens publics". À notre connaissance, il n'y a jamais eu de dégradations pendant les manifestations des Gilets Jaunes à Nice : pas une poubelle brûlée, pas même un verre cassé en terrasse. Aucune poursuite pénale n'a, par ailleurs, jamais été engagée sur ce motif.

7- Enfin, M. Estrosi déplore les coûts engagés par la mobilisation de "ses services", sans doute parle-t-il des nombreuses forces de l'ordre mobilisées chaque samedi. Le pacifisme des manifestations niçoises, démontré depuis 6 mois, devrait permettre de corriger à l'avenir la mobilisation disproportionnée des forces de l'ordre et de les redéployer là où leur intervention est réellement nécessaire.

En conclusion, nous constatons un décalage flagrant entre les propos de M. Estrosi et la réalité des faits.


Lettre de M. Christian Estrosi, Maire de Nice, adressée au Procureur des Alpes Maritimes (13 mai 2019)

Crédit photo ALAIN JOCARD / AFP

Collectif LES SOUS MARINS JAUNES

Texte intégral de la déclaration des Gilets Jaunes et Intermittents qui ont interrompu la cérémonie des Molières ce 13 Mai :

"Mesdames messieurs, Bonsoir, 
C’est avec une conviction acharnée que nous, gilets jaunes, intermittentes, intermittents, chômeuses, chômeurs, précaires, tenions à être présentes et présents ce soir, et que nous avons ainsi tout fait pour parvenir jusqu’à vous. 
En effet, dans ces temps incertains, il devient de plus en plus difficile de vivre décemment de son art ou de son savoir-faire, et de bénéficier du chômage quand nous n’avons pas d’emploi. Et il y a quelques mois, notre gouvernement nous a annoncé sa volonté de faire encore quatre milliards d’euros d’économie sur notre dos, nous peignant dès lors un avenir encore plus incertain et miséreux. 
C’est pour ces raisons que nous désirions viscéralement participer à cette cérémonie pour, nous aussi, décerner deux prix spéciaux. Deux Molières : un digne Molière d’honneur aux oublié·e·s de nos cérémonies officielles et un bien triste Molière de déshonneur. 

Sous les yeux d'une salle interloquée, des "gilets jaunes" ont fait irruption lundi soir sur scène au début de la cérémonie des Molières, dénonçant les coupes budgétaires pour la culture. La soirée, qui décerne les prix les plus prestigieux du théâtre français, s'est déroulée aux Folies Bergère, à Paris, et était diffusée en différé en deuxième partie de soirée sur France 2, mais sans cette interruption surprise, la chaîne l'ayant coupée au montage.

Faisant irruption des coulisses, une vingtaine de "gilets jaunes" et intermittents ont débarqué sur scène et interrompu le maître de cérémonie Alex Vizorek, s'adressant au ministre de la Culture présent, Franck Riester. "Le Molière du déshonneur incontestablement et à l'unanimité du jury, il revient à M. Macron et son gouvernement. M. Franck Riester, nous vous remettons le Molière du déshonneur parce que vous participez à cette grande fête et en même temps, vous coupez partout dans le budget de la culture", a déclaré un des manifestants.

Source



"Techniciennes, techniciens et artistes présents ce soir, ne nous regardez pas, rejoignez-nous, le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple", a lancé une autre manifestante.

Des applaudissements ont fusé dans la salle à plusieurs reprises et l'humoriste Blanche Gardin notamment s'est levée pour les applaudir. Ces "gilets jaunes", qui portaient une banderole sur laquelle était écrit "droits au chômage pour tout.es", sont sortis en traversant la salle et en scandant des slogans hostiles au président Macron.

France 2 a indiqué que cette séquence ne serait pas diffusée, par souci de "maîtrise de l'antenne". "Les intermittents ont agi sans autorisation. Ils ont pu s'exprimer devant le ministre de la Culture mais ils ont pris en otage l'antenne", a indiqué une porte-parole de la chaîne à l'AFP.

Début mai, des comédiennes comme Juliette Binoche ou Emmanuelle Béart, des écrivains comme Édouard Louis ou Annie Ernaux ainsi que 1.400 autres acteurs du monde de la culture ont apporté leur soutien au mouvement des "gilets jaunes", dans une tribune intitulée "Gilets jaunes: Nous ne sommes pas dupes!".

D’abord notre Molière d’honneur. 

Nous voudrions que celui-ci s’adresse aux très nombreuses et nombreux techniciennes, techniciens et artistes qui ne parviennent pas à bénéficier du régime de l’intermittence ou qui le perdront dans quelques mois. Car oui, ici, on le sait tous et toutes sans vraiment en parler, notre art repose sur ces multitudes de précaires, ces gens qui font la chasse aux petits boulots, aux cachets comme on dit entre nous. 
Ici c’est donc bien l’art et les artistes que l’on célèbre en grande pompe ! Mais quelle ironie que d’assister à tout ce décorum, ces dorures, ce champagne pour rentrer chez soi plus tard dans son 10m2, le frigo vide parce qu’on nous retire tous nos droits. 
Alors, donc oui, nous parlons de CHEZ les techniciennes, techniciens et artistes dans la galère, POUR les techniciennes, techniciens et artistes dans la galère, POUR les chômeuses et chômeurs attaqué·e·s par le gouvernement, les gens qui ont le frigo vide le quinze du mois, celles et ceux qui n’ont même pas de frigo, celles et ceux qui sont privées d’emploi parce qu’ils et elles sont noirs, trans, gays, lesbiennes, ou handicapés, ou tout simplement trop femmes, trop elles, trop eux. C’est à elles, à eux, à nous, que revient ce Molière d’honneur ! Qu’il nous rende la dignité qu’on voudrait nous ôter ! 
 
Maintenant le Molière du déshonneur !

Incontestablement et à l’unanimité du jury, il revient en premier lieu à monsieur Macron et à son gouvernement. Monsieur Franck Riester, ici présent ce soir, vous en êtes le représentant. 
Nous vous remettons le Molière du déshonneur parce que vous participez à cette grande fête, et en même temps vous coupez partout dans les budgets de la culture.

Nous vous remettons le Molière du déshonneur parce que vous logez au sein de votre gouvernement un monsieur Castaner. Monsieur Castaner qui, depuis des mois, donne l’ordre à la police de tout mettre en place pour empêcher une partie du peuple français de manifester, sans scrupule aucun pour toutes et tous les estropié·e·s d’une grenade ou d’un tir de flashball. Aujourd’hui, en France, il devient difficile d’aller manifester sans avoir, logées au fond du cœur et de la cervelle, toutes ces images de violences policières qui circulent et terrorisent. Alors, incontestablement, ce Molière du déshonneur vous revient pour cette grave et inconsolable atteinte à notre liberté. 
 
Cette fois-ci, c’est acté, c’est proclamé publiquement par vingt mille artistes en soutien aux gilets jaunes : plus personne n’est dupe dans cette affaire. 
Pour reprendre leurs mots d’ordre, nous ne sommes pas dupes. 
Non. 
Nous sommes déterminé·e·s à changer le système incarné par monsieur Macron. 
Comme le dit notre appel national des gilets jaunes, acté à Saint-Nazaire, le 7 avril 2019, nous sommes solidaires de toutes les luttes et nous appelons à les amplifier. 
Mesdames et messieurs les techniciennes, techniciens et artistes, présents et présentes ce soir, ne nous regardez pas, rejoignez-nous ! Allons gilet-jauner nos festivals cet été ! 
Le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple. 
Merci."

Source : Commun COMMUNE [le blog d'El Diablo]

Jacques Sapir nous livre là, tout en reconnaissant la pertinence de la posture abstentionniste, une analyse éclairée de la situation actuelle qui argue d'un regard pragmatique sur le timing des combats à mener. Pour résumer, les temps sont à l'identification des priorités. La stratégie avant les tactiques, la mesure des risques avant la satisfaction de partis militants et parfois de postures personnelles. L'abstention est une question d'esthétique politique quand le risque macronnien met en cause la survie du pays.

A lire d'urgence...

1- Les élections européennes vont se tenir après plus de 5 mois d’un mouvement social sans précédent, qui n’est comparable en ampleur et en signification qu’à celui de mai 1968. Ce mouvement a été aussi marqué par l’ampleur et la violence d’une répression de masse, marquée par des dizaines de blessés graves et des morts, mais aussi par des abus de pouvoir multiples en ce qui concerne la justice. Il laisse une fracture béante entre les dirigeants et les dirigés, entre les classes possédantes dont ce mouvement a fait éclater le vernis et a révéler l’ampleur du mépris et de la haine de classe et les classes populaires.

Ce mouvement a provoqué les premières fissures notables au sein du bloc au pouvoir. Il a mis en échec l’ordre du jour d’Emmanuel Macron et de son gouvernement. Ces derniers peinent aujourd’hui à se relancer. Pourtant, ils n’ont pas abandonnés leurs projets de destruction de l’ensemble des institutions sociales de la France, telles qu’elles avaient pu être construites après 1945. De même n’ont-ils pas abandonné les projets de refonte des institutions qui accélèreront encore plus la dérive anti-démocratique de ce dit pouvoir.

 

2- Les élections européennes sont donc importantes, parce qu’elles s’inscrivent dans ce contexte particulier. Leur importance ne provient pas des pouvoirs, fort limités par ailleurs, des députés au parlement européen. Leur importance n’est nullement dictée par la possibilité, largement illusoire, d’infléchir une Union européenne dont on sait que les mécanismes politiques sont largement verrouillés et ne pourront être affectés par les nouveaux élus, quand bien même ces derniers auraient une majorité au parlement. L’idée d’un changement progressif de l’Union européenne est un leurre. Seules des mesures unilatérales, confrontant les autres pays au risque d’un éclatement complet de l’Union, sont susceptibles de provoquer une quelconque changement.

Le contexte décisif est donc français, et ce quel que soient les volontés, bonnes ou mauvaises, concernant l’Union européenne.

3- Les enjeux de ces élections sont importants. Politiquement, elles peuvent décider de l’enracinement où non du parti du Président. Que la liste LAREM-Renaissance fasse un score de plus de 23%-24% et le parti du Président sera en bonne posture pour les élections municipales de l’an prochain qui seront décisives pour l’enracinement local de cette formation. Symboliquement, le pouvoir n’hésitera pas à utiliser un possible succès, même fort limité, dans ces élections pour prétendre qu’il a été re-légitimé par les citoyens.Symboliquement, encore, il espère user d’un tel hypothétique succès pour refermer ce qu’il appelle la « parenthèse » du mouvement des Gilets Jaunes.

Même si cela est profondément illusoire, même si un mouvement d’une telle ampleur ne sera pas conduit au tombeau par un vote, tactiquement les effets d’un succès de la liste LAREM-Renaissance pourraient retarder des plusieurs mois, voire de plusieurs années, les effets du mouvement social. C’est pourquoi l’enjeu de ces élections est important, et dépasse de très loin le discours tenu par les « européistes ».

Libérés de la crainte du mouvement, Emmanuel Macron et le gouvernement pourraient chercher à repartir de l’avant vers de nouvelles démolitions du cadre social et démocratique du pays. Au contraire, un échec les ramènerait à la réalité et accélèrerait les ferments de décomposition que l’on sent aujourd’hui au sein de ce que l’on appelle le « bloc bourgeois ».

4- C’est pourquoi l’abstention, qui autrement pourrait être un choix parfaitement envisageable dans ces élections n’est plus aujourd’hui se saison. Toutes les voix doivent se porter contre la liste LAREM-Renaissance, mais aussi contre ses alliés de fait qui n’agitent leurs « divergences » que pour masquer leurs profondes convergences envers ce pouvoir, les listes EELV et PS-Place publique.

En fonction de la sensibilité politique de chacun, le choix pourra être différent. Mais il doit se porter sur des listes dont l’opposition au pouvoir et à ses alliés ne fait aucun doute. Il importe donc que chacun aille voter pour ramener le score de ces trois listes, LAREM-Renaissance, EELV et PS-Place publique au niveau le plus faible possible.

5- Il ne faut pas se masquer la réalité. Le camp souverainiste affronte ces élections dans une situation difficile, marquée par une fragmentation extrême, mais aussi par des attitudes ambigües qui instillent le doute dans l’esprit d’un grand nombre et qui démobilisent les volontés. Il ne s’agit pas ici de s’ériger en censeur des uns ou des autres mais de constater que le mélange de choix tactiques à courte vue, d’absence de sens politique, de groupuscularisme et de sectarisme a abouti à cette fragmentation.

Devant une telle situation, aucune consigne précise de vote ne saurait avoir de sens. Au plus, peut-on conseiller de ne pas disperser ses voix sur des choix ultra-minoritaires et, selon encore une fois les sensibilités politiques de chacun, de se concentrer sur les listes qui ont une chance réelle de passer la barre des 5%.

6- Il faut néanmoins commencer à penser l’après élections européennes. La fragmentation nous affaiblit et nous divise. La volonté de certains de prétendre s’approprier le souverainisme est un infantilisme stupide. Elle contribue à la fragmentation actuelle. Le souverainisme n’est la propriété de personne ; il n’est pas non plus le fondement d’un parti car la souveraineté ne saurait être qu’un moyen pour atteindre des fins autres. Mais, le souverainisme est aujourd’hui, parce que la France, et donc le peuple, a connu une perte grandissante de sa souveraineté, est devenue le jouet de puissances étrangères, un impératif absolu. C’est pourquoi, un front des partis et des mouvements qui reconnaissent cet impératif, que ce front aboutisse à des accords explicites ou qu’il se contente d’un pacte de non-agression, s’imposera dans le futur. Le combat pour redonner au peuple sa souveraineté ne peut se mener sans les combats pour les droits économiques, sociaux, démocratiques et écologiques du peuple. Mais ces combats sont et seront vains s’ils ne prennent pas la forme d’un combat commun pour la souveraineté, base de la démocratie.

Répondons-leur, amis Gilets Jaunes, et regardons ensemble le chemin parcouru.

Nous nous sommes rassemblés, nous nous sommes rencontrés, nous nous sommes reconnus et nous avons compris que nous n'étions pas chacun isolé, reclus derrière notre désarroi.

Nous nous sommes montrés partout en France, nous nous sommes affirmés, nous avons construit un mouvement puissant, énergique et unique en son genre.

Nous avons posé des revendications, identifié des malaises, démontré notre mal-être, et, face à beaucoup de citoyens pour lesquels cela ne tombait plus sous le sens, nous avons redéfini l'exigence d'une vie digne pour tous.

Nous avons convoqué, au nom du bon sens, ce que signifie vivre en société, nous avons réaffirmé qu'agir pour le bien commun était la mission de tous, et particulièrement celle des politiques et de toute personne détentrice d'un quelconque pouvoir, patrons y compris.

Nous avons extrait du trou où l'on essayait de les enfouir les nécessités de justice sociale, fiscale et territoriale, réhabilité les impératifs de solidarité qui tissent le corps de la Nation.

Nous avons recentré les injonctions écologiques à l'endroit des gros pollueurs et autres responsables massifs des dérèglements environnementaux.

Nous nous sommes élevés contre toutes les pratiques de cooptation entre privilégiés, de népotisme, de pantouflage, de conflits d'intérêt et de renvois d'ascenseur.

Nous avons relancé la contestation de cette société à 2 vitesses, pratiquant le "deux poids, deux mesures" en matière fiscale et judiciaire, cette société où les nantis payent toujours moins et ne vont jamais en prison.

Mais de toutes ces révélations, - puisqu'il s'est agi de révéler aux endormis et aux factieux qu'une vision vertueuse persistait à l'esprit de nombre de citoyens -, ... mais de toutes ces révélations, il en est d'autres plus formidables encore :

Nous avons réveillé la bête, nous l'avons fait sortir de sa tanière. Elle s'est révélée aux yeux de tous, parée de tous ses détestables atours.

Affublée d'abord de sa duplicité, en nous accusant de tous les péchés communément honnis (racistes, antisémites, barbares, extrémistes...). Et, en minimisant notre nombre, notre cohésion et notre élan.

Affublée ensuite de sa capacité de manipulation, en mobilisant ses affidés, éditorialistes, journalistes et commentateurs à fins de nous décrédibiliser.

Affublée aussi d'une capacité de déni qui n'a d'égale que son aplomb à délivrer des mensonges.

Affublée des pires méthodes pour nous faire taire en instrumentalisant les casseurs, et en lâchant la troupe avec pour consigne de faire mal, de terroriser et de mutiler.

Affublée d'une morgue et d'une arrogance qui, en conscience, ne peuvent que redoubler le désarroi des citoyens en demande, et conduire à la haine de manière à susciter le chaos et l'éclatement de la société dont elle est censée être en charge.

Si l'on ajoute à cet accoutrement, l'inflexibilité délétère qui consiste à amplifier les maux dont souffrent la population, l'autisme pathologique qui lui fait prendre exactement les décisions contraires aux revendications et l'autoritarisme dont elle fait preuve au vu des lois qu'elle continue de voter contre l'avis de l'opinion publique, on doit se rendre à l'évidence : la bête s'est révélée.

Alors nous répondons aux esprits chagrins que pour soigner efficacement une maladie, il faut d'abord poser le bon diagnostic.
Ores, les Gilets Jaunes, mieux que nos intellectuels, mieux que les syndicats, mieux que les partis d'opposition, ont non seulement posé LE diagnostic et ont, de plus, révélé des symptômes jusque là restés cachés.

D'autre part, les Gilets Jaunes ne sont plus seuls. Nombre de citoyens se sont repolitisés, remobilisés. Désormais ce sont les yeux grands ouverts que nos compatriotes avancent. Beaucoup savent désormais que "la vérité est ailleurs" et refusent maintenant d'avaler les mixtures idéologiques qu'on voulait leur faire ingurgiter sans vergogne.

La victoire des Gilets Jaunes s'appelle l'éveil des consciences sociales... n'en déplaise aux esprits chagrins.