TRIBUNE LIBRE APRÈS LES PROPOS DU CHEF DE L’ÉTAT SUR LA DICTATURE. NON, MONSIEUR MACRON, NOUS NE SOMMES PLUS EN DÉMOCRATIE

On connaît la formule : « La dictature, c’est ferme ta gueule ; la démocratie, c’est cause toujours ». Normalement, ce devrait être pour rire. Le problème, depuis longtemps déjà, c’est que beaucoup de supposés « démocrates » se contentent très bien de la formule : causez toujours. Et c’est vrai : trente ans que « ça cause » – dans le vide : aux gouvernements successifs, tous différents paraît-il, mais qui font tous la même chose. Et tous d’aller de stupéfaction en stupéfaction : TCE 2005, FN 2002 et 2017, gilets jaunes. Pour tous ces prétendus médiateurs, les alarmes n’auront pourtant pas manqué depuis vingt ans. Qu’ils s’examinent et s’interrogent : « Quel compte réel en aurons-nous tenu ? » Et la réponse à la question éclairera aussitôt le présent politique et ses formes.

Du côté des pouvoirs, ce ne sont à l’évidence plus celles de la démocratie. Car il n’y a plus de démocratie quand un projet de loi dont tout atteste qu’il est refusé par une écrasante majorité est maintenu envers et contre tout. Il n’y en a plus quand le gros de la population est voué à l’enfoncement dans la précarité. Quand, les uns après les autres, tous les corps de métier se révoltent contre la destruction de leurs conditions d’exercice, et, pour toute réponse, n’obtiennent que les regards vides de leurs directeurs et la continuation de la destruction sans le moindre temps mort.

C’est pourquoi Emmanuel Macron s’enfonce un peu plus chaque fois qu’il répète que « la démocratie, c’est la parole, pas la violence », quand toute sa pratique du pouvoir atteste que la parole ne sert à rien – et qu’au lieu de son écoute il fait donner la police. Le pays entier gronde, et le pouvoir est sourd – on devrait dire plus exactement : et le pouvoir s’en fout. Ce serait même une définition possible, sinon de la dictature, du moins de la sortie de la démocratie : quand le pouvoir s’en fout.

C’est ce que les gilets jaunes ont compris : quand toutes les voies de recours offertes à la parole de la population ont été tentées, depuis si longtemps et en vain, alors il ne reste plus d’autre solution que de faire autre chose. Il n’y a pas de violence politique de rue sans une faillite antécédente, abyssale, de la médiation institutionnelle. De la « démocratie », il ne reste alors plus que la forme vide de l’élection, ultime argument des gouvernants sécessionnistes qui ne veulent plus rien avoir à connaître des gouvernés. « Il a été élu régulièrement », « il est légitime ». Formules creuses d’un pouvoir séparé, qui pensait que « ne pas écouter » suffirait, que l’inertie ferait le reste, mais découvre que non, et n’a plus comme réflexe que de constituer ses opposants en « ennemis de l’État », pour leur appliquer une violence policière sans précédent depuis soixante-dix ans, et les dispositions de l’antiterrorisme. Au reste, tout le monde le sait : du moment où la police mettrait casque à terre, ce pouvoir n’aurait pas une semaine d’espérance de vie, et c’est bien à ce genre d’expérience de pensée qu’on connaît la nature réelle d’un régime politique.

C’est que le « cause toujours » a, ces derniers temps, beaucoup reçu le renfort du « ferme ta gueule ». Oui, les gueules ont été fermées à coups de LBD, de grenades et de matraques. Mais aussi d’interpellations préventives, de directives aux parquets, de surveillance électronique, de versement de l’état d’urgence dans la loi ordinaire, et pour bientôt de reconnaissance faciale et de lois de censure numérique. Tout ça mis ensemble commence à faire un tableau. « Essayez donc la dictature », nous enjoint par défi Emmanuel Macron. Comment dire… c’est bien, pour notre malheur, ce qu’on nous fait « essayer » en ce moment. Si une part si importante de la population est dans un tel état de rage, c’est d’abord par les agressions répétées qui lui sont faites, mais aussi parce que, précisément, après tant d’années à avoir été réduite à l’inexistence politique, elle aimerait bien « essayer la démocratie ».

Signataires : Jacques Bidet, philosophe, Christine Delphy, sociologue, Elsa Dorlin, politiste, Jean-Baptiste Eyraud, Droit au logement, Éric Fassin, sociologue, Bruno Gaccio, artiste, Frédéric Lordon, philosophe, Jean-Luc Nancy, philosophe, Xavier Mathieu, syndicaliste, Gérard Mordillat, écrivain et réalisateur, Willy Pelletier, sociologue, Monique et Michel Pinçon-Charlot, sociologues, Jérôme Rodrigues, gilet jaune, Malika Zediri, association de chômeurs Apeis.

Article source sur l'Humanité

5 techniques pour détruire la Sécu

  • Réduction des cotisations
  • Transfert à la Sécu de charges l’État pour réduire le déficit du budget
  • Non-compensation des cotisations et des réductions de CSG
  • Réforme des retraites
  • Déconsidération par l'expression consacrée : « le trou » de la Sécu

Article édité le 29 OCT. 2019 
PAR EDMOND.HARLE 
BLOG MEDIAPART : LE BLOG DE EDMOND HARLE

La Sécu, imaginée par les Résistants aux heures les plus noires de l’histoire de l’Europe pour sécuriser notre vie de la naissance à la mort et garantir la maternité, l’éducation des enfants, la santé et la vieillesse est condamnée par Macron a une mort programmée pour livrer notre santé et notre vieillesse à ses maîtres financiers.

Il s’agit d’un meurtre avec préméditation, donc d’un assassinat.

Sa destruction masquée, parfois sous des aspects sympathiques, se fait de manière systématique, déterminée et accélérée en 2020.

Pour cela 5 techniques principales sont employées et le budget 2020, confirmé par  l’article 3 du projet de loi de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) marque une accélération dans cette destruction pierre par pierre.

La 1ère technique est celle de la réduction des cotisations

Réduire les cotisations des salariés apparaît sympathique surtout si son remplacement par la CSG laisse apparaître un léger gain sur le bulletin de paye. Il s’agit pourtant d’anesthésier les salariés pour mieux les priver de leurs droits. En 2018 la cotisation salariale d’assurance maladie de 0,15% (0,75% jusqu’à Macron) a été supprimée. Cela va justifier de priver leurs représentants d’un droit de regard sur sa gestion. Les réductions patronales sont beaucoup plus importantes. La cotisation d’assurance maladie-maternité-incapacité a été réduite de 6% pour les patrons au 1er janvier 2019, soit une baisse de fait de la part salariales dans la plus-value de l’entreprise de 6%  Celle-là les salariés ne les voient pas mais c’est leur rémunération réelle qui est amputée car les cotisations patronales font partie de la rémunération du travail. Ce sont 6% de plus qui passent du travail au capital. Ce sont les français qui vont en souffrir avec 2 conséquences : une partie est transférée sur l’impôt qu’ils vont payer à la place des entreprises et leurs prestations seront réduites. C’est donc aussi un transfert des cotisations patronales vers l’impôt des ménages

La 2ème technique est le transfert à la Sécu de charges l’État pour réduire le déficit du budget

Le budget 2020 opère le transfert de nouvelles charges à la Sécu.

La loi de finance affirme, article 9, garantir la « neutralité financière » du «transfert de l’État à l’assurance maladie du financement de l’Agence nationale de santé publique (Santé publique France) et de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ». En réalité rien ne prouve que cela sera effectif dans l’exécution financière et, comme pour tous les transferts de l’État vers les collectivités locales, le transfert se fait à coût de l’année de transfert et ne couvrira pas les charges futures qui augmenteront. Cela est particulièrement vrai pour ces 2 transferts de 2020 : l’Agence nationale de Santé publique a besoin de moyens supplémentaires quand on connaît les questions posées par les pesticides, les perturbateurs endocriniens,…. C’est pire encore pour l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM) : les scandales (médiator,…) prouvent qu’elle n’a pas eu les moyens de sa fonction. Ainsi la Sécu devra payer ce que l’État payait insuffisamment auparavant.

La 3ème technique est celle de la non-compensation des cotisations et des réductions de CSG

Une fois la cotisation supprimée, le gouvernement a la main sur le montant des sommes qu’il alloue à la Sécu par la CSG. Il peut compenser ou ne pas compenser. Ceci est prouvé par les budgets 2019 et 2020 par une gymnastique en 4 temps :

  • 1°- on réduit les cotisations d‘assurance maladie (0,75% de cotisations salariales et 6% patronales.
  • 2°- On inscrit au budget une augmentation 2019 de la CSG pour faire semblant de compenser cette réduction.
  • 3°- Après le mouvement des Gilets Jaunes on supprime  la majoration de CSG des retraités.
  • 4°- On inscrit dans le budget 2020, article 9, que, « La sécurité sociale prendra à sa charge le financement des mesures d’urgence en faveur du pouvoir d’achat ». En clair c’est la sécu qui va payer les 4,5MM de réduction d’impôts promis par l’État grâce aux Gilets jaunes.

La loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) par son article 3, malgré un vote contre en commission et le refus de tous les partis d’opposition et d’une partie des députés d’En Marche arrière, institutionnalise la non- compensation par l’État des réductions de recettes qu’il impose à la Sécu.

Cette compensation est pourtant inscrite dans la loi Veil de 1994 dont la ministre de la Santé se dit l’héritière.

Il s’agit ici d’un changement complet de philosophie et de la destruction de la Sécu voulue par les résistants.

C’est une rupture totale du contrat social de 1944 déjà bien entamé par Sarkozy et Hollande-Macron.

Le premier effet est la disparition de la gestion paritaire associant les partenaires sociaux à la gestion de la Sécu qui vient comme l’aboutissement des ordonnances Pompidou de 1967. Cette étatisation correspond aussi à la volonté de réduire les dépenses sociales de manière drastique afin de contraindre les français à se tourner vers les assurances privées des maîtres de Macron.

Le 2ème effet est de plonger la Sécu dans le déficit : En 2020, ce sont 1,9 milliard d’€ de manque à gagner sur les heures supp, 1,2 Md sur la défiscalisation de la prime de 1 000 €, 600 millions par la suppression du forfait social sur l’intéressement et la participation (cadeau aux seuls patrons) et 1,5 Md par la suppression de la hausse de la CSG pour les retraités modestes. Au total ce sont donc 5,2 milliards d’€ qui sont volés à la Sécu par une décision politique.

Si l’on ajoute à cela que l’État ne rembourse pas la dette de l’État mais fait porter le désendettement public à la Sécu en lui imposant 15,7 Md de remboursements en 2019, les conséquences du budget 2020 sont encore plus graves pour la Sécu.

De ce fait, ce sont environ 11 Md d’€ qui vont manquer à la Sécu en 2020.

Privée de moyens et de son autonomie financière, la Sécu va de plus être amputée, démembrée.

La 4ème technique est la réforme des retraites

La réforme des retraites va réduire considérablement les retraites futures et insécuriser les vieillesses.

Il est une autre conséquence qui passe inaperçue actuellement, elle va démembrer la sécu, la priver de sa branche vieillesse. La réforme va en effet supprimer cette branche essentielle de la sécu et donner au gouvernement tout pouvoir sur l’évolution des retraites futures, y compris après départ en retraite et jusqu’à la mort.

Ici aussi c’est la suite des ordonnances Pompidou de 1967 qui divisa la Sécu en 4 branches. Le fait d’avoir accroché 4 branches au tronc permet à Macron de la massacrer branche par branche sans dire qu’il abat « L’arbre saint du Progrès » (Victor Hugo les châtiment)

La 5ème technique pour détruire la Sécu est la déconsidération, « le trou » de la Sécu

Le déficit de la Sécu n’est pas dû aux dépenses de la Sécu mais à la politique gouvernementale comme démontré ci-dessus. Pourtant il est présenté comme un « trou » signifiant que le déficit est constitutif de la Sécu, ce qui est employé pour la déconsidérer. Pourtant, grâce à la Sécu, chaque français, pour une protection de tous les habitants du pays, dépense deux fois moins qu’un américain pour une couverture limitée à 85% des habitants. Ceci est bien résumé par Macron lui-même : « Un pognon de dingue » !

Créé par l’État le « trou » est utilisé par Macron pour réduire encore les droits sociaux, les remboursements, le budget des hôpitaux…, mais aussi pour déconsidérer la Sécu et la solidarité dans l’opinion. « Un pognon de dingue » dira encore Macron.

Il est une protection qui n’avait pas été prévue par les fondateurs de la Sécu, c’est celle du chômage. Ici aussi, la suppression des cotisations d’assurance chômage en 2018 la remplacé la solidarité assurantielle par l’assistance étatique toujours menacée par les compressions budgétaires. On en a la traduction avec la réforme de cette nouvelle assurance chômage qui va plonger des millions de personnes dans la pauvreté. La logique est la même que pour tuer la Sécu : on réduit les recettes stables, puis on crie au déficit, puis on détruit la solidarité.

Auteur : Alexis Poulin
Source : site Le Monde Moderne
16 décembre 2019

Ce dont j’ai été témoin ces derniers mois est sidérant. J’ai vu le petit peuple, habitué à la résignation et à l’invisibilité, relever la tête et oser se montrer, en défilant dans les beaux quartiers de la capitale pour réclamer la justice sociale et la fin de l’obscénité d’un monde ou le gavage des ultra-riches est érigé en dogme, tandis que la masse silencieuse paie leur incurie par l’impôt.

J’ai vu un pouvoir démocratique tenté par l’autoritarisme, au point de mutiler sans compter ses citoyens libres, manifestants qui ont eu l’outrecuidance de vouloir protester contre une politique du néo-management public cynique et destructrice du bien commun.

Et le plus sidérant fut sans doute le silence radio des grands médias, pendant des semaines, n’osant pas montrer les violences policières et dénoncer ce qu’il convient d’appeler une dérive autoritaire et une instrumentalisation de la police de la République. Il a fallu le travail de recensement acharné du journaliste David Dufresne pour arriver à faire bouger les lignes, sans pour autant accélérer les enquêtes de l’IGPN sur les cas de violences des forces de l’ordre.

Pire encore, j’ai cru naïvement que cette débauche de violence d’Etat disqualifiait à jamais le locataire de l’Elysée dans son rôle de garant des institutions. Il n’en fut rien. Au silence médiatique, se substitua l’apathie, la riposte d’un pouvoir fantôme par le mensonge et le déni et l’acceptation de la masse silencieuse, certains justifiant la violence, d’autres l’acceptant sans broncher.

Tandis que le coup de poker de LREM ne tient qu’à un savant calcul basé sur l’abstention et le peu de votants, la majorité des français n’a pas désavoué Emmanuel Macron lors des élections européennes. Seul compte le résultat et la petite défaite de LREM derrière le RN fut maquillée en victoire, presque en plébiscite, autorisant le gouvernement a accélérer les réformes et continuer de maltraiter un pays au bord de la crise de nerf.

A la violence physique des LBD, des grenades et des matraques, s’additionna la violence des discours du mépris et de l’indécence. Ni le président, ni le Premier ministre, ni les ministres n’ont eu un mot d’excuses ou un regret pour les dérives constatées. De pardon, il n’y aura pas, ni pour les condamnés trop nombreux, ni pour les mutilés à vie, ni pour les morts.

Le mépris et le règne de la peur comme seules réponses à une crise sociale majeure, voilà le projet révolutionnaire d’Emmanuel Macron.

Rien de bon ne viendra de la suite de ce quinquennat, voué à la vente à la découpe des services et des biens publics et à l’application scolaire des théories fumeuses du néo management, rendant les citoyens acculturés et tout entiers occupés à se rendre le plus performant possible, par peur d’un système de déclassement instauré dès l’école primaire.

Nous vivons une période révolutionnaire, un changement d’époque où l’algorithme va remplacer la pensée humaine et où la gestion des chiffres se substitut à l’interaction des corps. Les gilets jaunes seront peut être analysés a posteriori comme le dernier sursaut d’humanité dans une France du futur gouvernée par les machines et les comptables de la dette.

Dès le début du mouvement, ces invisibles en colère ont été traités de tous les noms :  « poujadistes », « fascistes » et « antisémites », râleurs archaïques qui ne comprennent rien à la modernité que les télévangélistes du progrès leur vendent au quotidien, à coup de mensonge et de presse people. Ils étaient le grain de sable dans la belle machine néolibérale, broyeuse de destins et de temps libre.

L’instauration d’un monde de la lutte fratricide de tous contre tous par soucis de performance économique s’est trouvée confrontée à la masse inconsciente des oubliés, pire, des refuzniks, ceux-là pour qui la promesse d’avenir radieux équivaut sans détour à un déclassement sans retour.

Hélas, bien peu d’intellectuels, de journalistes ou de politiques ont choisi de tendre la main, où l’oreille pour comprendre ce mouvement, pour retranscrire à « ceux d’en haut » les courants profonds qu’une élite déconnectée est incapable d’appréhender.

Encore moins nombreux furent ceux qui osèrent soutenir la fronde légitime des oubliés.

La réponse des champions des premiers de cordée fut donc la violence de la répression alliée à l’entourloupe du faux dialogue. L’escroquerie était complète, Emmanuel Macron a sauvé sa peau en arrachant des yeux, en arrachant des mains, en brisant des carrières, en poussant la répression policière et paranoïaque à son paroxysme, envoyant en prison à tout va, intimidant les  réfractaires, utilisant le mensonge d’Etat comme une arme et la justice comme une menace politique.

Et cette stratégie de la violence a payé: les Français sont prêts à tout accepter, si on en croit les sondages. Voilà qu’un président isolé, sans réel parti, mis en scène par une oligarchie fatiguée de payer trop cher pour le bien commun, peut parachever une mascarade démocratique en une déviance autoritaire des institutions de la Ve République.

L’épisode de la Mongie, où, skieur souriant et insouciant, le président s’offrait une parenthèse enneigée, tandis que les Champs Élysées brûlaient aurait dû clore une fois pour toute l’imposture. Il n’en fut rien. Le soutien et la cohésion sont inébranlables pour le bloc des premiers de cordées, unis dans une course vers l’abîme, et désireux d’en finir avec l’idée démocratique, en soutenant leur champion à n’importe quel prix. Honte à ceux qui un jour se dirent socialistes et qui aujourd’hui, masqués derrière leur étiquette du parti présidentiel se rendent complices de toutes ces violences par leur silence.

Je suis pessimiste, où comme dirait Emmanuel Macron,  je suis sans doute un esprit chagrin, qui n’arrive pas à faire taire le cynique en moi. Nous manquons de veilleurs dans les temps sombres qui s’annoncent et rares sont ceux, qui ont choisi de tenir la lampe-tempête, malgré les invectives, les insultes, les moqueries ou les menaces.

Soutenir les gilets jaunes, ce n’est pas être un séditieux, un ennemi de la démocratie ou un fou. Soutenir les gilets jaunes c’est être conscient des inégalités et du mensonge oligarchique. Le pouvoir n’est plus celui de peuple, où des citoyens éduqués et éclairés, pourraient voter en connaissance de cause, après un débat démocratique animé par une presse libre. Non, le pouvoir est celui d’une ploutocratie, qui impose une pensée unique de l’efficacité économique et de la performance au service du profit. Tout ce qui pourrait faire débat doit être sorti du champ public ou décrédibilisé par tout moyen, soit par l’étiquette du complot ou l’infamie de la pensée fascisante. Résultat : le degré zéro de la politique sied à merveille aux promoteurs de l’idiocratie qui veulent divertir pour assurer le contrôle des esprits.

Les derniers bastions de lutte, l’école et l’université, vont se trouver confrontés à la volonté des managers de détruire toute proposition de pensée critique. Le rôle des professeurs n’est plus de former des esprits conscients de citoyens émancipés, mais de préparer des corps à devenir les outils le mieux adaptés aux demandes de la machine de production. L’enfer techniciste parachèvera le contrôle des flux, obligeant tout citoyen à se mettre nu devant l’algorithme et la surveillance panoptique.

Je rêvais d’un autre monde, et nous sommes nombreux, mais nos voix minuscules ne trouvent plus d’amplificateurs pour couvrir le bruit des machines. Dans le monde déshumanisé, seul restera d’humain les passions, les sentiments, l’amour et la colère.

Alors oui, Gilets jaunes, je vous aime.

Je vous aime parce que vous avez su dire non, parce que vous avez réinventé la solidarité et occupé les espaces laissés vides par la planification, parce que vous êtes les emmerdeurs, les empêcheurs de tourner en rond, parce que votre révolte est joyeuse, parce que vous n’êtes pas dupes, parce que malgré la violence, vous êtes restés debout. Je vous aime parce que les falsificateurs vous haïssent, parce que votre sincérité les désarme. Je vous aime, parce que sans vous, ce pays se perdra dans une mondialisation conformiste, où le bien être des populations sera le prétexte à l’avènement d’une société du contrôle. Je vous aime, parce que vous n’oubliez pas d’où vous venez, et que l’avenir compte pour vous, comme pour vos enfants.

Et comme vous, je suis en colère.

Cette colère ne partira pas, même si les gilets retourneront dans les boites à gants des voitures. Le souffle de la fronde contre le monde qui vient ne fera que prendre de l’ampleur, malgré les mensonges des puissants, malgré leurs stratégies d’intimidation et de contrôle. Tant qu’il y aura des injustices, il y aura des gilets jaunes.

Il convient maintenant de trouver les leviers d’une reprise de contrôle du système démocratique par le peuple. Après l’épisode de la colère et de la confrontation de David contre Goliath, la stratégie doit venir d’une organisation hors des partis et capable de rassembler tous les résignés du vote et les volontaires humanistes.

David Graeber, ethnologue américain et pionnier d’Occupy Wall Street a théorisé la période que nous vivons comme une période révolutionnaire, c’est à dire le moment où les élites sont incapables de prévoir et de comprendre les peuples. Nous y sommes. Mais la maîtrise du marketing combinée au contrôle des outils du consentement assure un sursis à l’élite, même si le roi est nu, même si le système tourne à vide sur un champ de ruines.

Le livre d’Emmanuel Macron s’intitulait « Révolution » et ne parlait que de lui, le livre que les Français vont écrire s’appellera « Résistance » et ne parlera que de nous. Ce « nous » est à inventer, dans un élan de vie et un refus du mur construit par les héros de la bienveillance totalitaire, les ectoplasmes prêts à se vendre à la machine et les opportunistes amoureux du profit de court terme et de la médaille.

Ce qui m’a le plus marqué dans les mobilisations des derniers mois fut sans doute la volonté farouche de ces Français qui pensaient d’abord aux autres, à leurs enfants, à leur avenir, et qui cherchaient désespérément la solidarité dans un monde ou le bien-être collectif a disparu derrière les lobbyes et les intérêts de quelques privilégiés.

D’une élection à l’autre, la marche des manipulateurs semble inéluctable, et pourtant une autre issue est possible. Mobiliser les invisibles, les rassembler, malgré la censure des plateformes et des réseaux sociaux, malgré l’Etat policier, malgré la résignation et malgré l’ampleur de la tâche. Voilà ce qu’il est possible de faire. Et où mieux qu’ailleurs, en France ?

J’ai dit plus haut que j’étais pessimiste, cédant sans doute à une bouffée de lassitude et de résignation, mais je reste un optimiste sur la capacité des citoyens français à reconnaître la justice et à faire battre le drapeau de l’égalité, de la liberté et de la fraternité contre toutes les tentatives de soumission et de ruine.

À un monde meilleur. À la liberté. Pour que cesse le règne de la violence.

ET VOILA QU'ILS REMETTENT CA COMME EN 40... Ils... Les gros industriels, et aujourd'hui leurs héritières, les multinationales, car en 40, l'Allemagne Nazie n'aurait jamais pu s'armer comme elle l'a fait sans le soutien zélé et intéressé des gros industriels.
 

Voilà donc toute la politique Macronienne :

- Rendre le pouvoir aux banques systémiques et aux multinationales via la commission Européenne et l'Allemagne complètement gangrenées par ces lobbys !

- Flinguer le code du travail (c’est fait),

- Installer une politique migratoire afin de faire accepter les bas salaires (c’est fait par le traité de Marrakech)

- Favoriser la fraude fiscale des ultra riches (c’est fait en ayant supprimé 3000 postes de contrôleurs fiscaux),

- Voler les richesses fabriquées par le monde du travail au profit de ces mêmes riches (c’est fait par le CICE et l'ISF, la suppression des taxes sur les valeurs boursières, la libre circulation des capitaux, la création d'un tribunal international privé tant voulu par les multinationales),

- Démanteler :

  • le service public au profit du privé (c’est très entamé : La poste, les télécoms, la SNCF, la française des jeux, les barrages hydrauliques, EDF, Alstom, les autoroutes et le futures routes nationales)
  • les médias (c’est fait et comme le montre Radio France les autres vont suivre),
  • la santé (en cours),
  • l'éducation nationale au profit des écoles privées (système par des mesures de démotivation faisant fuir les postulants)….
  • et maintenant le système des retraites par répartition, pourtant meilleur système au monde qui est un gâteau pour les assureurs et banquiers pesant 300 milliards par an

et avec une cerise pour les entreprises : la suppression du salaire brut (comme ça la répartition on en parle plus) !

La prochaine étape :

- Supprimer le SMIC (si si, c'est dans les directives européennes clairement exprimées par les milieux financiers),

- Supprimer la sécurité sociale qui rembourse de moins en moins (et c’est pas fini!) au profit des assurances privées de + en + chères.

- Réduire à néant toute forme de solidarité :

  • nouvelles mesures contre les chômeurs rémunérés,
  • les bénéficiaires du RSA (traqués),
  • les amendes pour des personnes aidant les SDF,
  • les incarcérations de ces mêmes SDF s'ils ont le malheur de voler un paquet de pâtes,
  • les installations citadines empêchant les SDF de dormir dans les villes.

L'objectif ultime est en effet de faire de la France une simple province cauchemardesque de l'Europe, ou plus exactement de l'Allemagne, sans pouvoir prendre la moindre décision politique, économique et sociale…


Est-ce vraiment cette mise à mort du peuple de France (quelles que soient les origines !) que nous voulons ? Il ne nous reste plus que le combat, la diffusion de l'information réelle (tant que nous le pouvons encore avec internet de + en + muselé)….

Nous sommes face à notre destin : les peuples contre les oligarques, l'intérêt général contre le néo libéralisme !

Même ceux qui voudraient l'ignorer, éviter cette guerre est devenu impossible !

Ca va chauffer que l'on veuille ou non, que les grèves et les manifs s'arrêtent ou non ! Soit on se relève en sortant le glaive, soit nous devenons des esclaves modernes tout juste bons à travailler et crever dès lors que nous ne le pouvons plus !

C'est ça l'avenir que l'on veut pour nos enfants ? Les formater à être des robots dociles et débiles par ces environnements éducatifs débilitants (programmes scolaires médiocres ou on leur apprend l'intérêt d'avoir une capote parfumée, où l'on a des programmes TV absolument catastrophiques de conneries et sexuellement malsains, à leur faire bouffer les poisons de l'agro industrie nauséabonde, à avaler toutes leurs merdes de la pharmacologie, à se faire injecter des doses massives de vaccins farcis d'aluminium ????)

QUE VOULONS NOUS ? Soit on pleure, soit on attaque !

Un GJ inspiré sur FaceBook

Arrêté lors des journées d’émeutes qui ont secoué le G20 de Hambourg les 7 et 8 juillet 2017, Fabio est accusé de jet de projectile et de rébellion. Il est incarcéré depuis 4 mois à la prison de Billwerder et comparaissait le 7 novembre 2017 devant le tribunal pour mineur d’Altona à Hambourg. Nous reproduisons ici la déclaration qu’il a faite ce jour-là devant ses juges et qui contient plus de vérité, de sincérité et de justesse que tous les solipsismes inconséquents de procureurs.

Les prochaines audiences de son procès auront lieu les 27 novembre et 7 décembre 2017.


Madame la juge, messieurs les jurés, madame le procureur, monsieur l’assistant du tribunal pour mineurs.

Vous, aujourd’hui, vous êtes appelés à juger un homme. Vous l’avez appelé un « criminel agressif » et « irrespectueux de la dignité humaine ». Personnellement je ne prête aucune attention aux appellations que vous m’attribuez. Moi, je suis seulement un garçon de bonne volonté.

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