S’agissant de Castaner, la liste des épisodes invertueux commence à être longue. Car il s’agit bien là, non plus de commenter ses mensonges, sa mauvaise foi, ses affirmations précipitées, ses arrangements avec la vérité, sa duplicité mais finalement de questionner la moralité même de l’individu.

Alors oui, dans notre monde de brutes où pragmatisme, realpolitik, intérêts partisans assumés sont devenus les valeurs directrices de tous et particulièrement des puissants, il serait vain d’attendre d’un de ceux-là qu’il fasse du sens moral une valeur première.

Pour autant, c’est ce que naïvement le peuple attend. Le peuple a besoin de croire que ceux qui les gouvernent respectent un tant soit peu les arcanes de vertu qu’ils ont appris à l’école, qui fondent leur rationalité et qui surtout garantissent qu’un état de droits les protège de la pure barbarie.

Car lorsque les puissants s’affranchissent de toute morale, c’est le champ des barbaries qui est alors grand ouvert.

La perspective est si terrible que certains mettent du temps à se rendre à l’évidence et se raccrochent aux démentis « bienveillants » de ceux qui ont intérêt à ce que rien de grave ne transparaisse. Les vérités sont cachées, travesties, les infos sont tronquées ou censurées et, dans le silence, les forfaits peuvent se perpétrer.

Beaucoup de dystopies hollywoodiennes, de livres apocalyptiques s’exercent à décrire des cauchemars fantasmatiques et irréalistes. Ces horreurs n’auront jamais lieu et notre monde est forcément préservé de ces mauvaises augures uniquement produites pour les adultes en mal de frayeur comme le sont les contes effroyables pour enfants.

Mais parfois des symptômes troublants émergent. Tel ou tel semble pouvoir commettre les pires abjections sans qu’il ne soit jamais inquiété, protégé par on ne sait quelle sphère occulte.

Alors bien sûr l’histoire regorge de despotes épargnés jusqu’à leur mort grâce à une dictature établie par moultes rapports de force, par des mafias puissantes, agrégats de purs méchants oppresseurs soutenus par des milices grassement payées.

Ces cauchemars sont nombreux. Férules royales, empires, dictatures, toutes ces formes de domination s’assument comme tels à la face du monde. Là réside alors la seule rationalité qui permet aux peuples opprimés de ne pas devenir fous.

 

Jusque là les dictatures s’assumaient comme telles à la face du monde.

Avant d’en revenir au symptôme (Castaner), remettons-nous en tête cette citation d’Aldous Huxley :

« La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s'évader. Un système d'esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l'amour de leur servitude »

Les symptômes concourant à démontrer que notre chère démocratie n’en est plus une (si tant est qu’elle en fut une un jour) sont nombreux. Si nombreux qu’il est consternant que la chose ne soit toujours pas partagée par une majorité de citoyens et gageons que ce modeste billet n’y changera pas grand-chose.

Symptômes si nombreux que les mettre à jour, les exposer, les déconstruire semble désormais insurmontable. Alors focalisons-nous sur un seul de ces symptômes : Castaner.


Cet homme aura en quelques mois accumulé un nombre impressionnant de forfaits de vertu. Et ce, sans une once de scrupule. On en compte à date, pour ce qui peut être connu, près d’une vingtaine.

 

0. Alors que les pompiers viennent férocement d'être réprimés, gazés et victimes de tir de LBD et de grenades de désencerclement ce mardi 15 octobre à Paris, on retrouve un tweet de Castaner invoquant sa solidarité avec les pompiers datant de l'année passée : 

"Les violences dont sont victimes nos sapeurs-pompiers sont inqualifiables. Je n’accepterai jamais qu’elles soit banalisées ou passées sous silence. Nous lancerons une grande campagne de sensibilisation à la rentrée 2019"

  1. Déclaration péremptoire confinant au mensonge à la suite de l’Attaque terroriste à la Préfecture de police de Paris

  2. Déclaration péremptoire confinant au mensonge à la suite de l'Incendie de Lubrizol à Rouen

  3. Mensonge et inertie à la suite de la Noyade de Steve Maia Caniço dans la Loire au soir de la Fête de la Musique à Nantes

  4. Provocation lors de la remise des médailles Promotion Gilets Jaunes

Sources Médiapart, Les Moutons Enragés, NordPresse

Liste datant de 2013 (ajout de certaines affaires sur 2016, 2017, 2018)

Cette liste relate principalement des condamnations mais aussi des mises en examen en cours lors de la rédaction ne préjugeant pas des jugements qui pourront s'en suivre.

PS

Anne Hidalgo (PS), condamnée en 2012 à 40 000 € d’amende pour infraction à la législation sur la durée du travail.
Bernard Granier (PS), condamné en 2011 pour corruption.
Bertrand Delanöe (PS), condamné en 2010 pour atteinte au droit du travail.
Catherine Trautmann (PS), condamnée en 1999 pour diffamation.
Christian Bourquin ( PS), condamné en 2012 pour délit de favoritisme.
Claude Pradille ( PS), condamné en 1995 pour corruption.
Dominique Strauss-Khan ( PS), en 2012, mis en examen pour proxénétisme aggravé en bande organisée
Dominique Strauss-Khan (PS), en 2011, mis en examen pour accusations d’agression sexuelle, de tentative de viol et de séquestration
Edmond Hervé (PS), condamné en 1999 pour manquement à une obligation de sécurité dans l’affaire du sang contaminé.
Elie Pigmal (PS), condamné en 2012 pour délit de favoritisme.
François Bernardini (PS), condamné en 2001 pour ingérence, détournement de fonds publics, abus de confiance et abus de biens sociaux.
François Xavier Bordeaux (PS), condamné en 2011 pour abus de faiblesse
Georges Frêche (ex PS) condamné régulièrement en fin de carrière pour de multiples dérapages verbaux.
Harlem Desir ( PS), condamné en 1998 pour recel d’abus de confiance.
Henri Emmanuelli (PS), condamné en 1997 pour trafic d’influence.
Jack Lang (PS), condamné en 2008 pour rupture de contrat.
Jack Mellick (PS), condamné en 1997 dans l’affaire OM-VA pour faux témoignage.
Jeanine Ecochard (PS), condamnée en 1998 dans l’affaire Urba(financement occulte du PS).
Jean-Christophe Cambadélis (PS), condamné en 2006 pour l’affaire de la MNEF.
Jean-François Noyes (PS), mis en examen en 2012 dans le cadre de l’Affaire Guérini pour association de malfaiteurs en vue de trafic d’influence et recel de trafic d’influence.
Jean-Marc Ayrault (PS), condamné en 1997 pour délit de favoritisme.
Jean-Marie Le Chevallier (PS), condamné en 2003 pour subordination de témoin.
Jean-Noel Guérini (PS), mis en examen en 2011 pour prise illégale d’intérêt et trafic d’influence.
Jean-Paul Huchon (PS), condamné en 2007 pour prise illégale d’intérêt et en 2011 par le Conseil d’Etat.
Jean-Pierre Balduyck (PS), condamné en 2005 pour favoritisme a fait appel de sa condamnation.
Jean-Pierre Destrade (PS), condamné en 2005 pour escroquerie et trafic d’influence.
Jérôme Cahuzac (PS) condamné en 2016 pour fraude fiscale et blanchiment
Khadija Aram (ex PS) condamnée en 2011 pour trafic d’influence et abus de confiance.
Line Cohen Solal (PS), condamnée en 2011 dans la même affaire que celle touchant Pierre Mauroy.
Malek Boutih (PS), condamné en 2006 pour diffamation.
Michel Delebarre (PS), condamné en 2005 dans l’Affaire des Ecoutes Téléphoniques.
Michel Laignel (PS), condamné en 2006 pour faux, usage de faux, délit de favoritisme, prise illégale d’intérêt, et détournement de fonds.
Michel Pezet (PS), condamné en 1998 pour recel de fonds utilisés [pour un financement politique] en dehors de tout enrichissement personnel.
Mohamed Abdi (PS), condamné en 2007 pour escroquerie.
Monique Delessard (PS), condamné en 2010 pour mariage illégal.
Olivier Spithakis (PS), condamné en 2005 dans l’affaire de la MNEF.
Patrick Sève (PS), mis en examen en 2011 pour octroie injustifié de marchés publics et soustraction de fonds publics.
Pascal Buchet (PS), reconnu coupable en 2012 de harcèlement moral après le suicide d’une de ses collaboratrice.
Philippe Sanmarco (PS), condamné en 1997 pour complicité de trafic d’influence dans l’affaire du financement occulte du PS, l’Affaire Urba.
Pierre Mauroy (PS), condamné en 2011 pour emploi fictif.
Pierre Moscovici (PS), condamné en 2001 pour atteinte au droit à l’image.
René Teulade (PS), condamné en juin 2011 pour abus de confiance.
Robert Gaïa (PS), condamné en 2002 pour favoritisme.
Ségolène Royal (PS), condamnée en 2008 pour licenciements abusifs.
Serge Andréoni (PS), mis en examen en 2011 pour complicité de trafic d’influence dans le cas de l’affaire Guérini.
Sylvie Andrieux (PS), mise en examen en 2010 pour complicité de tentative d’escroquerie et de détournements de fonds publics dans l’affaire du financement présumés à hauteur de 700 000 € d’associations présumées fictives.
Yacine Chaouat (PS), condamné en 2011 en appel pour violences conjugales


UMP ( LR/RPR)


Alain Agostini (UMP) 2008, condamné pour proxénétisme aggravé en bande organisée.
Alain Carignon (UMP) 1999, condamné pour corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoins.
Alain Ferrand (UMP) 2006, condamné pour faux et usage de faux. 1998, condamné pour prises illégales d’intérêts et condamné pour fraude fiscale.
Alain Juppé (UMP) 2007, condamné pour abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, et prise illégale d’intérêt.

Le site https://transparency-france.org/ édite un bien triste outil : la cartographie des faits de corruption en France.

Cette carte est accessible sur la page https://www.visualiserlacorruption.fr/home où l'on peut zoomer sur les territoires et en cliquant (ou via l'outil de recherche) voir s'afficher le détail de chaque affaire.

Ci-dessous la capture d'écran de la carte d'accueil et le zoom concernant notre région

L’ÉTHIQUE ET LA TRANSPARENCE DE LA VIE PUBLIQUE

DOIVENT REDEVENIR DES PRIORITÉS

23/04/2018

Un an après le premier tour de l’élection présidentielle, Transparency International France dresse un premier état des lieux des avancées et des manquements en matière d’éthique et d’intégrité de la vie publique. Après une campagne électorale émaillée par les affaires, provoquant un niveau de défiance record des citoyens vis-à-vis des responsables politiques et des institutions, les efforts engagés sont-ils suffisants pour accompagner un changement de culture profond et prévenir de nouveaux scandales ?

A date, Transparency International France estime que les mesures déjà adoptées par le gouvernement en matière d’éthique et de transparence de la vie publique ne sont pas suffisantes. La « loi confiance », adoptée à l’été 2017, ne saurait à elle seule réconcilier durablement les Français avec leurs représentants. Transparency appelle le gouvernement à replacer ces questions en haut de l’agenda politique.

Sous ce lien le rapport complet.

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