Les urgentistes sont en grève.
Les pompiers sont en grève.
Les professeurs sont en grève.

Des milliers de gens sacrifient leur temps libre le week-end depuis 7 mois pour essayer de résister à une boucherie sans nom des acquis sociaux, du pouvoir d’achat et de nos droits les plus fondamentaux.

Des jeunes se sont fait charger, gazer et matraquer par la police alors qu’ils dansaient et faisaient la fête lors d’une célébration légale et nationale qu’est la Fête de la Musique. 14 sont tombés dans la Loire, le fleuve le plus dangereux de France. Un jeune de 24 ans, Steve, n’en est jamais ressorti…et ils nous parlent de canicule à la télévision !

Ils nous rappellent de bien s’hydrater et de rester chez soi aux informations nationales et régionales. Un jeune est sûrement mort à l’heure qu’il est et ils nous parlent météo ! Poussés par des flics déchaînés qui n’ont plus aucune morale ni éthique, 14 jeunes ont failli se noyer et 1 a disparu. Il paraît qu’il ne savait pas nager…

Comment en est-on arrivé à un tel niveau de mépris de la vie humaine ?

Infirmières, urgentistes, pompiers, professeurs ne veulent plus continuer ainsi. Les professions qui sont au service des autres, qui mettent leur vie au service des autres ne peuvent plus continuer ainsi et ils nous parlent météo ?!! Un jeune citoyen est sûrement mort et ils nous parlent météo ?!!!

Vous qui ne vous sentez sûrement pas gilet jaune, mon dieu non quelle horreur, sentez-vous quand même un malaise poindre au fond de votre ventre ? Quelque chose qui vous dit qu’il y a quelque chose de pas normal ? Commencez-vous à comprendre que le pays est en pleine dérive autoritaire où les 2 piliers de tout gouvernement, les médias et la police, sont à la botte ou à la merci de ce gouvernement détraqué ? Autant d’aberrations, d’injustices, de valeurs violées qui en d’autres temps en auraient vu plus d’un pendus sur la place publique, passent comme des lettres à la Poste (service qui en train de crever aussi, 15 mois que certains sont en grève!!!) et saturent ma raison au point que j’en suis à penser à quitter le pays pour ne pas devenir dingo…

La terreur s’installe, les infirmières viennent être « réquisitionnées » la nuit à domicile par la police, des gens payent de lourdes amendes pour avoir osé critiqué le gouvernement, pour un doigt d’honneur, un mot de travers ou même pour avoir porté du jaune sur eux !!!! (si si vrai de vrai!)

L’humour, la caricature et les différents points de vue sont interdits sous peine d’incarcération ou amendes.

Les rues des villes et villages où passent le président sont fermées à tous, y compris les habitants et l’interdiction est posée même de se mettre à sa fenêtre.

Des morts comme Zineb Redouane, dame octogénaire qui a reçu une grenade lacrymogène à la tête alors qu’elle était dans son appartement, sont mis sous le tapis. Ainsi que Steve.

Où est Steve, bande d’assassins ??!!!

La France est en train de se faire liquider. Les français sont en train de se faire liquider. On est en train de se faire liquider. Et vous osez faire comme si rien ne se passait ? Et me dire qu’il fait chaud! Comme si on ne le savait pas alors que les scientifiques hurlent depuis des décennies, qu’on est des milliers dans les rues à hurler qu’on veut des changements drastiques pour « sauver le climat » et qu’on ne veut pas crever à cause de quelques psychopathes capitalistes qui ont réussi à faire passer les chiffres du CAC 40 comme les indispensables nouvelles du jour à écouter aux 3 repas quotidiens des français.

Il y a un dicton autrichien qui dit : « Quand tu mets la tête dans le sable, n’oublies pas que ton cul reste dehors. » Peuple de masochistes… Qui aime souffrir.

Stop le déni ! Stop la souffrance ! La vie c’est pas ça! Et ça, ça tue la vie…

Réveillez-vous.

Il est où Steve……. ?

Tinka (28 Juin 2019)

 

Tribune collective de gilets jaunes (François Boulo), lanceurs d’alerte (Céline Boussié ), universitaires (Paul Alliès), militants politiques (Charlotte Girard, François Cocq...) , syndicaux et associatifs qui appellent, par delà la politique politicienne et sa réduction au champ institutionnel, à ce que le peuple se refonde à travers un large processus constituant.

"De samedi en samedi, le mouvement des Gilets jaunes se donne à voir. Mais faute d’arriver à se renouveler, il perd, au moins en apparence, sa capacité à bousculer l’ordre établi. Car entre-temps, les élections européennes ont joué le rôle d’anesthésiant démocratique. Elles ont démontré l’incapacité institutionnelle à proposer un débouché politique à l’aspiration populaire exprimée depuis le 17 novembre dernier. L’impératif démocratique reste sans réponse.

Les européennes ont en revanche confirmé que se prolonge le temps destituant qui jette à terre les intermédiations et formes représentatives perçues comme la captation du pouvoir souverain. Les principales forces peuvent se prévaloir du vote de tout au mieux 11 % du corps électoral, la moitié des électeurs s’étant abstenus. Le président, qui s’est engagé personnellement dans la bataille, voit 90% des françaises et des français se détourner de sa politique. Avec l’absorption de la moitié de l’électorat LR par LREM, l’affaissement du PS au minimum irréductible, l’effondrement de l’espoir porté par LFI en 2017 et la transformation d’EELV en une valeur refuge de circonstance, le reste du champ politique est parcellisé, sans capacité d’agrégation. L’émiettement du vote est devenu la règle, ultime pied de nez citoyen à toute forme de délégation de souveraineté.

Les lendemains d’élection déjà déchantent. L’incapacité à penser un débouché politique par-delà le piège du cadre institutionnel et politique actuel de la Ve République prépare une séquence binaire entre LREM et le RN pour 2022 qui vise à permettre à une minorité d’imposer ses vues. Face à cette fausse et mortifère alternative, tout ce qui s’apparente de près ou de loin à la gauche va être sommé de se rassembler pour s’enfermer dans une impasse électorale qui, si tant est que cette addition ait un sens, totalise désormais de scrutin en scrutin moins de 30% des voix. Chercher de manière artificielle une majorité électorale impossible, c’est renoncer à l’ambition de constituer une majorité populaire.

Les européennes auront aussi eu pour effet, si nous n’y prenons garde, de stériliser le champ politique. Après six mois où, en famille, entre amis, sur les ronds-points, le débat public était pourtant redevenu un objet du quotidien, le temps électoral s’est imposé comme une bulle de l’entre-soi, incapable à ce stade d’offrir un débouché au souffle citoyen. L’impasse apparaît à tous les niveaux.

Ce trou noir politique doit être laissé derrière nous. Il est grand temps de nourrir durablement l’appétit démocratique qui s’est manifesté avec le mouvement des Gilets jaunes. Sans doute celui-ci sera-t-il amené à s’exprimer à terme dans le champ électoral ; mais il doit aujourd’hui puiser sa force dans le substrat populaire non institutionnel où il est le plus vivace. Ce qu’il faut rechercher, c’est l’élévation du niveau de conscience populaire acquise non seulement à l’identification claire d’une oligarchie qui est dangereuse pour soi socialement et écologiquement ; mais aussi à l’idée qu’un rôle politique légitime incombe souverainement à soi en tant que peuple.

L’instrument et la perspective capables de produire ce niveau de conscience menant à la révolution citoyenne doivent être interrogés. Face à la crise écologique déjà enclenchée, face à la crise démocratique qui frappe, face à la crise financière qui vient, nous considérons que, comme à chaque fois que la République a été appelée à la barre par les affres de l’Histoire, seul un processus populaire et constituant permettra de répondre à la crise systémique qui s’avance. Cela en fait aussi l’idée centrale et structurante pour qui veut renverser la table en 2022.

Le processus constituant ne saurait être un mouvement en soi et pour soi. Passerelle citoyenne, il vise à créer les conditions pour répondre ensemble au projet originel de creuset républicain du retour à l’ordre des droits. La multiplication des initiatives doit servir à remettre la société en mouvement, à rediscuter les règles du jeu, à redéfinir les communs, à repenser le contrat social, à approfondir l’universalisme émancipateur pour refonder le corps politique, afin de reconstruire une légitimité et un consentement collectifs. Partout, nous invitons dans leur diversité les cadres collectifs déjà organisés à mettre à l’ordre du jour ces questions sous la forme qu’ils jugent la plus adaptée. La mobilisation citoyenne pour préserver l’outil d’intérêt général qu’est Aéroport de Paris et obtenir un référendum populaire est ainsi un axe concret et nécessaire d’action. Ailleurs, vous préfèrerez saisir d’autres opportunités qui, partant du quotidien ou de réalités locales, amènent à penser collectivement le bien commun. Les premiers cercles populaires et constituants qui déjà se réunissent dans de nombreux départements pourront servir de réceptacles à cette infusion citoyenne.

Refusant la concurrence entre différentes initiatives existantes, nous en appelons à établir un ample mouvement citoyen mû par une même idée fédératrice : rendre au peuple et à la Nation la souveraineté de sa décision pour retrouver sa liberté républicaine, celle qui fait du bonheur commun l’essence de toute association politique."
Signataires :

Robin ALBERT, syndicaliste

Paul ALLIES, professeur en sciences politiques à l’université de Montpellier

Damian BASTIAN, militant citoyen

Farid BENLAGHA, producteur et animateur du collectif national pour un référendum contre la privatisation d’ADP

François BOULO, avocat et Gilet jaune

Céline BOUSSIE, lanceuse d’alerte

François COCQ, auteur de L’impératif démocratique

Flavien CHAILLEUX, Gilet jaune

Catherine DAVID, confédération paysanne

Enguerrand DELLION, politiste

Romain DUREAU, agroéconomiste

Hélène FRANCO, magistrate, syndicaliste

Christophe GACHE, secrétaire départemental du Mouvement des citoyens

Jean GATEL, ancien secrétaire d’Etat à l’économie sociale et solidaire

Charlotte GIRARD, universitaire

Nicolas GUILLET, juriste

Mickaël IDRAC, doctorant en sociologie des migrations à l’université Paris-Descartes

Eric JAMET, éditeur

Djordje KUZMANOVIC, président de République souveraine

Manon LE BRETTON, responsable de l’école de formation insoumise

Jeannick LE LAGADEC, conseillère départementale

Walter MANCEBON, militant pour une 6e République

Michel PHILIPPO, lanceur d’alerte en écologie

Alphée ROCHE-NOËL, auteur de Géographie de l’histoire de France

Jean-François SAUVAGET, Association Pour une constituante et Anticor

Frédéric VIALE, coauteur de La gauche à l’épreuve de l’Union européenne

Combien de jours, combien de semaines, de mois, d'années des salariés peuvent-ils supporter de n'être pas entendus ?

Question tout aussi légitime qu'angoissante.

Beaucoup s'en remettent aux syndicats pour trouver des réponses, des solutions, des sorties de crises. Mais rien ne vient... depuis longtemps.

De quels succès fracassants (et récents) peuvent s'enorgueillir ces organisations ? De ce côté là, c'est le désert, un désert qui semble s'être assécher définitivement. Les derniers satisfécits remontent, à la louche, aux années 80/90 (semaine des 35h, quelques coups de pouces au SMIC, réévaluation du point d'indice...). Depuis le recul du Plan Juppé en 1995, on n'enregistre quasiment aucune réelle victoire de la part d'un mouvement social initié par les syndicats.

N'y a-t-il donc aucun penseur, aucun intellectuel, aucun stratège au sein des directions nationales pour s'en rendre compte ? Malgré le recul continue du nombre de leurs "adhérents" ceux-là ne se posent apparemment toujours pas les bonnes questions. A se demander s'ils veulent vraiment le faire.

Objectivement, non. Ils préfèrent rester sous perfusion budgétaire de l'état plutôt que de s'atteler à ce pour quoi ils sont faits. Ainsi un jeu de rôle s'est installé et ce jeu de rôle consiste à ce que les syndicats fassent semblant. Semblant de gesticuler, de revendiquer. Ils lancent parfois une manif' sur une journée (ils appellent ça une journée d'action), parfois une action symbolique, un rassemblement... Quand il s'agit de grève illimitée, elle ne concernera qu'un secteur, une branche, une profession... Tout en prenant soin que ces "opérations" ne bloquent que très relativement la vie économique du pays. Et en bout de chaîne, les salariés perdent leurs journées de salaire - qui représentent parfois même une économie substantielle pour les patrons sensés être lésés -.

Les syndicats pratiquent les grèves perlées, se refusent à entrer en intersyndicale, et se gardent bien de prononcer le mot tabou (qu'on doit leur interdire ?) : grève générale. De plus, en l'état de notre démocratie, le gouvernement, qui n'en est plus à une entorse près aux principes constitutionnels et aux droits fondamentaux, ne se priverait pas, si la menace d'une grève générale se voyait à nouveau brandie, de nous pondre un cadre "légal" pour en limiter les effets, ou même pour l'interdire purement et simplement (voir les dispositions Sarkozy sur les réquisitions légales en cas de grève des transports, voir aussi les réquisitions dans le milieux hospitaliers, ou l'interdiction faite aux routiers d'organiser des barrages sous peine d'amende - 30 000€ -, d'emprisonnement - 2 ans - et de 3 ans de suspension du permis pour entrave ou gêne à la circulation)

Ainsi les salaires baissent, l'âge de la retraite recul, les prix grimpent, les couvertures sociales s'effilochent, les médicaments sont déremboursés, les mutuelles se gavent, les impôts augmentent, l'éducation, la justice, la santé partent à la dérive... Tout va bien dans le meilleur des mondes... patronal. Le jeu de rôle syndicats/gouvernement semble installer pour durer et les salariés vont devoir se faire une raison. Ils sont seuls.

A l'occasion du mouvement des Gilets Jaunes, nous avons tous pu encore nous en rendre compte. Aucun syndicat n'a manifesté la moindre velléité de soutien envers ceux qui étaient descendus dans la rue. On a juste pu enregistrer quelques gesticulations vite avortées comme la menace d'une grève des routiers annoncée pendant 2 jours (début Décembre 2018) avant d'être suspendue (suite à négociations). Les syndicats de forces de l'ordre ont agi de même. Et chacun s'est retiré après avoir obtenu quelques miettes, profitant éhontément du mouvement jaune.

Ces tristes anecdotes démontrent le point de duplicité extrême auquel sont parvenus les "partenaires sociaux", plus précisément les "directions nationales" auxquelles s'adressent spécifiquement ces ressentiments. Les salariés sont seuls, les Gilets Jaunes sont seuls, les citoyens sont seuls. En fait, "seuls" n'est pas le bon mot. Ils ne sont plus soutenus par aucune espèce d'instance collective constituée. Ils ne peuvent donc plus compter que sur eux-mêmes et créer leur propre collectif.

En 7 mois, si le mouvement des Gilets Jaunes n'a pas obtenu grand chose, les syndicats (les directions nationales), eux, ont perdu le peu qui leur restait de crédibilité. On ne va pas pleurer sur leur sort, mais nous aurions bien eu besoin de leur statut (capacité -privilège- de déclarer une grève) pour avoir la possibilité de mobiliser en dehors des samedis et pour qu'ils relaient nos revendications via leurs tribunes.

Quand la plèbe n'est pas unie, les puissants dansent.

La convergence des luttes peut attendre... Jusqu'à quand ? A suivre....

Jean-Charles Aknin

La deuxième place du parti de Micron 1er aux élections européennes FR 2019 est loin d'être satisfaisante.
Quel que soit son bord politique originel et intime, rien dans ces résultats ne saurait satisfaire le coeur Gilets jaunes qui bat en nous.
Regardons-les en détail afin de savoir où nous en sommes. C'est l'heure des chiffres, des graphismes, des camemberts, des analyses, et des perspectives.


Les résultats "officiels" ici. Y figurent les 34 listes, pourcentages et nombres de voix respectifs.

D'abord ces résultats sont à relativiser tant, dans notre pays, plus rien ne se passe normalement.

Parmi les éléments qui permettent de contester leur valeur, on doit citer :

  • Le Grand débat qui fut, en fait, un rush de campagne de 4 mois à l'avantage du petit tyran, générant une iniquité flagrante au détriment des autres partis. Avec un CSA muet et aux ordres.
  • Ensuite la machine de guerre médiatique qui a perpétué sont rouleau-compresseur en étouffant, avec la duplicité dont elle est capable, l'expression des oppositions. On le sait, on le constate, les journalistes sont toujours plus mordants avec un invité d'opposition qu'avec un représentant de la majorité. On coupe plus la parole, on porte avec zèle la contradiction tandis qu'on "tiendra gentiment le crachoir" au candidat du gouvernement.
  • L'engagement inédit d'un président de "tous les français" pour une liste partisane. Inédit dans son ampleur (d'autres prédécesseurs n'ont fait que se prononcer à l'occasion d'une allocution furtive) et inédit quand on voit même le visage du président placardé pour le compte d'un parti sur un panneau électoral.
  • La multiplicité des listes (34 listes !!) est aussi une donnée qui profite bien évidemment au pouvoir, diluant ainsi les voix d'opposition en autant de petites niches électorales.
  • Au risque de paraître "mauvais joueur", rappelons-nous aussi qui est au Ministère de l'intérieur, celui qui dépouille (dans tous les sens du terme). Ainsi la mise en place en dernière minute de bureaux de vote dans les prisons en remplacement du vote électronique habituel (qui vérifiait les urnes dans ces lieux clos et acquis à la puissance régalienne ?) et les radiations en masse de nombre d'électeurs portent une ombre sur la rigueur des procédures électorales. Et pour finir, qui peut croire que l'UPR ne serait qu'à 1,17% alors qu'il édite un des sites politiques français qui détient des records de vues ?
  • Et enfin, nous, les gilets jaunes, instrumentalisés afin de faire peur au citoyen tranquille "bon père de famille", sources de désordre, menaces d'un désarroi économique accru, mouvement informe, un coup extrémiste, violent bien sûr, une autre fois anti-écologiste, raciste, poujadiste, etc... La campagne de dénigrement a réussi. Le pouvoir sait déjà le faire contre les partis, sait aussi le faire pour faire élire son candidat à la présidentielle,... il pouvait le faire contre nous, le peuple jaune.

Et tout ça sans compter avec ces personnes qui "tiennent le fusil à l'envers" comme, par exemple, ceux qui déclarent avoir voter "Parti Animaliste" pour faire barrage à Macron !!! On croit rêver ! Pire, ces personnes pensent dur comme fer avoir oeuvré en ce sens en voyant Macron arrivé deuxième, alors qu'évidemment elles n'y sont pour rien. Bien au contraire, elles ont participé de la dilution des votes d'opposition en mettant leur bulletin dans une urne inutile, un "piège aux alouettes". (ce commentaire ne s'adresse qu'à ceux qui voulaient faire barrage à Macron en votant Animaliste, pas aux sincères et convaincus adhérents de ce parti - et il n'est qu'un exemple; d'autres postures similaires sont imaginables concernant d'autres listes)


A la recherche de "l'effet Gilets Jaunes"

Parmi les principaux reports de voix identifiés pour analyser les résultats, on peut citer

  • l'éclatement de la Droite traditionnelle vers LREM d'une part et vers RN (dans une moindre proportion). Les derniers rats quittent le navire... 
  • la fuite des "socialisants" ayant voté Macron en 2017 vers les EELV pour cause de politique trop droitière et pas assez écolo de LREM.
  • L'effondrement de LFI dû au "vote utile RN", mais surtout dû à l'abandon de la thèse qui avait fait son succès en 2017, à savoir représenter la seule force politique à Gauche contestant de façon virulente l'UE, contestant l'Euro et portant une vision souverainiste.

"L'effet Gilets Jaunes", bien que présent dans les commentaires, est quasi inexistant.

Il ne s'applique ni au vote RN, qui n'a fait que confirmé sa place, ni aux phénomènes décrits dans les 3 points précédents.

D'un point de vue électoral, nous, les gilets jaunes, essuyons un échec complet. Non seulement LREM et Mecton 1er se sont maintenus (rappelons que rarement un parti au pouvoir remporte la mise lors d'une élection intermédiaire) mais aucun report de voix ne témoigne concrètement de notre influence.

Seul le recul de l'abstention (malgré des appels au boycott intempestifs) peut être mis au crédit des GJ, en regard de l'éveil citoyen que nous avons suscité dans le pays. Mais force est de constater que ce regain de votants n'aura pas servi la cause.


Au bon plaisir de Macron

Mais les résultats sont là, ceux que l'on a bien voulu mettre à notre disposition. LREM a donc "sauvé les meubles", nous dit-on.
Peut-être se serait-elle placée en tête, que les bourrages d'urnes auraient été trop voyants ?

Pouvons-nous faire, pour la suite, comme si ces résultats étaient fidèles à la réalité ?

Réalité... ce mot qui ne veut plus rien dire.
Réalité, ce concept qui n'existe plus maintenant qu'à travers le prisme des rêves de Micron.
Car il est clair que ces scores sont de la plus pure extraction macronnienne.

La preuve. Quel que soit l'exercice d'interprétation auquel on s'adonne, c'est Micron qui jubile.


Exercice N°1 : Clivage gauche / droite "traditionnelle"

La Gauche obtient un score cumulé, certes égal à la Droite, mais l'atteint dans une configuration d'éclatement insoluble.

Gauche vs Droite
PS 6,19   LREM 22,4
Génération.s 3,27   LR 8,4
LFI 6,31   UDI 2,5
PC 2,49     33,3
Lutte Ouvrière 0,78      
EELV 13,47      
Urgence écologie 1,82      
  34,33  Moins EELV le bloc de Gauche chute à  20,86%

EELV : Une sécession consommée que certains à Gauche ne veulent pas voir

Doit-on d'ailleurs placer EELV dans ce camp de Gauche ? Assurément non, puisque Jadot s'est présenté comme fervent défenseur de l'économie de marché (alors que les écolos éclairés soulignent l'antinomie de cette économie de marché avec les soins nécessaires à notre planète) devenant de fait macron-compatible, comme l'a si bien illustré le départ de Pascal Canfin sur la liste LREM. Sans leur faire "l'affront" de les placer dans les partis de Droite (pour l'instant), leur sécession à Gauche amène cette Gauche éclatée à un score de 20,86%


Exercice N°2 : Clivage tripartite

La Droite se place en valeur "sûre" entre une Gauche irréconciliable et une Droite nationaliste encore à 6 points en deçà.

Gauche vs Droite vs Droite nationaliste
PS 6,19   LREM 22,41   RN 23,31
Génération.s 3,27   LR 8,48   Debout la France 3,51
LFI 6,31   UDI 2,5   Les Patriotes 0,65
PC 2,49     33,39     27,47
Lutte Ouvrière 0,78            
EELV 13,47            
Urgence écologie 1,82            
  34,33            

Exercice N°3 : L'émergence d'un bloc écologiste

Comme dit plus haut, la sécession Ecolo / bloc de Gauche est déjà consommée bien que certains socialistes refusent de l'admettre. Le succès des écolos les rend suffisamment forts pour qu'ils revendiquent définitivement leur indépendance par rapport au bloc de Gauche.

Nous conduisons-nous vers un clivage Quadripartite ? Gauche / Ecolos / Droite ultralibérale / Droite Nationaliste ?

Gauche vs Camp Ecologiste
PS 6,19   EELV 13,47
Génération.s 3,27   Parti Animaliste 2,17
LFI 6,31   Urgence écologie 1,82
PC 2,49     17,46
Lutte Ouvrière 0,78      
  19,04      

Il est clair que l'Ecologie, toute légitime qu'elle soit, jouera exactement la même partition mortifère contre la Gauche que ne le fut jadis le FN contre la vieille Droite du temps de Mitterrand... Mais la Gauche n'a même plus besoin de ce genre de stratagème pour s'autodétruire comme elle le fait depuis si longtemps.


Exercice N°4 : Clivage "Progressistes" / Souverainistes

Le dédit du référendum de 2005 ?

Encore un petit plaisir pour le Nain de l'Elysée : On constate que le Référendum de 2005, qui vit la victoire du Non à la Constitution Européenne, aurait une chance infime de donner le même résultat. Mais il est vrai que la question n'était pas, aujourd'hui, posée en ces termes. On peut se rassurer en se disant qu'en attendant "le caviar (Non à la constitution), on mange du pâté (on fait de l'entrisme dans l'UE)" ?

Souverainistes VS Ultralibéraux pro UE
RN 23,31   LREM 22,41
LFI 6,31   EELV 13,47
Debout la France 3,51   LR 8,48
UPR 1,17   PS 6,19
Les Patriotes 0,65   Génération.s 3,27
EC 0,01   UDI 2,5
  34,96     56,32

NB.:

  • Le souverainisme de certains partis retenus dans ce tableau est sujet à des nuances qui ne seront pas explicitées ici.
  • On pourrait même ajouter aux scores du bloc Ultralibéral / Pro UE, les 0,54% de l'Alliance Jaune au vu des déclarations pro-européennes de Francis Lalanne.

Exercice N°5 : Camp Ultralibéral / Pro GJ

Dans ce graph', figurent dans le camp Pro GJ, tous les partis qui, à moment donné et d'une façon ou d'une autre, se sont prononcés en faveur des GJ... pour de bonnes ou mauvaises raisons.

Là encore Macreux ne peut que se satisfaire de l'affichage : 35,53% vs 56,3%

Pro GJ vs Ultralibéraux pro UE
RN 23,31   LREM 22,41
LFI 6,31   EELV 12,47
Debout la France 3,51   LR 8,48
UPR 1,17   PS 6,19
Les Patriotes 0,65   Génération.s 3,27
Alliance jaune 0,54   UDI 2,5
MIC 0,03     56,3
EC 0,01      
  35,53      

Même si l'on pouvait espérer

quelques ralliements hypothétiques,

Hypothétiques ralliements GJ
PC 2,49
Lutte Ouvrière 0,78
Parti Animaliste 2,17
Urgence écologie 1,82
  7,26

nous atteindrions

35,53 + 7,26 = 42,79%


Le bilan n'est donc pas florissant, loin s'en faut. Pour Macreux, tout se passe donc comme prévu...


Avec des « si » on pourrait mettre l’abstention en bouteille… et ça nous aurait donné un peu d’air

Restent les 49,88% d'abstention et les 2,32% de votes blancs, soit plus de 24 millions de voix passés dans les limbes.

Abstention 49,88 23613645
Votes blancs 2,32 551724
  52,2 24165369

Comme déjà proclamé sur ce siteL'abstention n'est une option valable que si les votes blancs sont décomptés et valides. L'abstention sans vote blanc reconnu est un coup d'épée dans l'eau.

Maintenant qu'on a le chiffre, on peut commenter plus exactement les dégâts.

A 50% d'abstention, chaque pourcent représente 0,5% de voix s'il s'était exprimé. Ainsi 1% porté sur LFI ou sur le RN (par exemple), attribuait à ce parti 0,5% de score en plus. Mais aussi 0,5% de voix en moins "en face". Ainsi chaque 1% d'abstention creuse un écart de 1% entre 2 camps opposés.

Si on estime très grossièrement que de ces 50% d'abstentions, 10% sont le fait d'opposants à Macro 1er - des GJ par exemple -, l'écart entre les camps pro UE et le nôtre aurait été creusé de 10% !!

Ainsi en répartissant 2,5% vers le RN et 2,5% vers LFI et, par conséquent, en appliquant le déficit de 5% de voix sur LREM, on aurait pu assister à un tout autre résultat :

Pro GJ vs Ultralibéraux pro UE
RN 25,81   LREM 17,41
LFI 8,81      

A un tout autre résultat... et à un tout autre spectacle : une débâcle en règle du Micro Micron, un incontestable désaveu, avec en ligne de mire une dissolution et autre séisme politique pour le gouvernement. Et la mine déconfite de l'Arrogant.

Effectivement, avec des « si » on pourrait mettre l’abstention en bouteille… et ça nous aurait donné un peu d’air.


Après ces tristes constats, que nous reste-t-il ?

  • Il nous reste l'identité que nous avons mise en avant. Les Gilets Jaunes existent. Et, avec elle, les liens que nous avons tissés entre nous.
  • Il nous reste aussi les désagréments que nous avons causés au pouvoir, les scories (insatisfaisantes) que nous lui avons arrachées ainsi que la fierté de n'avoir pas baissé le front devant l'injustice et de ne pas être restés silencieux devant les agressions à répétition contre les fondements solidaires de notre Nation.
  • Il nous reste surtout la validité et la pertinence de nos revendications. Nous avons la raison avec nous. Il est juste de revendiquer plus de justice sociale, plus de justice fiscale, moins de privilèges aux riches, aux multinationales et aux banquiers, une meilleure gouvernance citoyenne, plus de services publics, une prise en compte prioritaire de l'homme face aux forces de l'argent... et au-delà, une remise en cause des menées funestes des puissants contre les peuples.

Voilà pour les objectifs à long terme. Que faire pour le court et moyen terme ?

Continuer de tisser nos liens. Maintenir nos réunions même si elles ne sont pas toujours fécondes. Faire société en somme.

Continuer nos actions, nous faufiler dans les espaces qui nous sont laissés pour nous montrer, nous exprimer. Et se dire qu'à chaque espace qui se ferme, c'est la bête qui montre son visage et qu'elle est de moins en moins tapie dans l'ombre des quiétudes ignorantes.

Mais, nous le disions ici dans cet autre article, il nous faut avant tout construire un récit. C'est de la Com' mais notre société médiatisée marche ainsi. Le récit des Gilets Jaunes organisés, malins et intelligents, ouverts à l'autre, altruistes, force de proposition... Nous devons au-delà des actions, produire un discours, de la littérature, de l'art, de la séduction. Nous devons prendre nos bâtons de pèlerin pour rallier les autres à notre cause.

La commission européenne, les partis politiques, les entreprises, toutes les instances qui nous oppressent font de la Com' pour elles et contre nous. Devrions-nous leur laisser écrire notre histoire ? Non. Rappelez-vous, l'histoire est toujours écrite par les vainqueurs. Nous devons devenir les auteurs de notre propre récit, il en va de l'avenir de notre combat et de notre trace dans l'histoire.

A vos stylos, à vos caméras, à vos pinceaux, à vos slogans, à vos drapeaux !!

Gardons la tête haute. On ne lâche rien.

Jean-Charles Aknin


L'auteur de cette analyse n'est ni sondeur professionnel, ni sociologue, ni diplômé de Sciences Po et encore moins éditorialiste patenté dans un média « officiel »… Un gilet jaune quoi. 

A-t-on jamais compté sur un euro-macroniste pour s'abstenir ?
A-t-on jamais entendu un euro-macroniste contester le système électoral ?

A-t-on jamais vu un euro-macroniste faire un bras d'honneur au "simulacre démocratique" ?
Non. Un euro-macroniste va voter... surtout s'il a peur du Jaune !

Par contre, beaucoup d'opposants, gilets jaunes, eurosceptiques, anti-capitalistes en appellent au Boycott.

Ainsi, le siphonnage des voix issu d'un Boycott
n'asséchera que les réservoirs d'opposition 
et n'empêchera pas les urnes LREM de se remplir.

CQFD.


Voilà en 8 lignes, résumés l'enjeu et le rapport de force.

Alors de 2 choses l'une :

Soit on considère que la priorité est de dégager Macron,

Soit on considère que la priorité est de satisfaire un credo personnel, construit de longue date, qui a conclut à une abstention inconditionnelle.

Tout est dans le mot "inconditionnelle". Si la posture est inconditionnelle alors pourquoi même parler de "dégager Macron". Les tenants du boycott s'en moquent. Mélenchon, Le Pen, Kim Jong-un seraient au pouvoir, les partisans du boycott n'iraient pas voter.

D'emblée, on comprend que ceux-là sont sortis (se sortent eux-mêmes) du jeu d'échange argumentaire et des choix de stratégie. Pas de discussion possible. L'abstention est un choix dogmatique qui n'a que faire de la cause des Gilets Jaunes.

Par contre, pour ne pas opposer un dogme à un autre, s'il était prouvé que s'abstenir pouvait dégager Macron, l'abstention satisferait à la priorité "dégager Macron" et il faudrait s'abstenir.

Mais jusqu'à présent, un vote d'opposition menant LREM à 15% affaiblira plus Macron, qu'une abstention à 70% qui fera sortir Macron à 28% des votes exprimés. Et plus l'abstention sera forte plus Macron montera : 75% d'opposants s'abstiennent !? ; c'est Macron à 32%... C'est de la mathématique.

"Oui mais de toute façon, Macron ou un autre, ce serait du pareil au même."

Non. Jusqu'à présent le seul à faire donner la troupe, à mutiler, frapper les citoyens, à remettre en cause toutes les libertés fondamentales, à emprisonner pour délit d'opinion... c'est Macron.
Donc non, ce n'est plus du pareil au même.

L'auteur de ces lignes s'est déjà abstenu par le passé, mais les enjeux ont changé de dimension. Il y a urgence, il s'agit d'un réel combat qui ne souffre plus d'aménager son confort intellectuel, et de préserver sa "pureté citoyenne". Tout cela n'est plus que coquetterie politique. Il n'est plus temps de jouer avec ces nuances qui, hélas, n'ont plus lieu d'être.

Rappelez-vous du film "L'armée des ombres". Des résistants pacifistes ont dû égorger des balances collabos, prendre des vies dans leurs attentats, éliminer même des amis résistants qui seraient obligés de parler... Ceux-là auraient bien voulu avoir le luxe de pouvoir "s'abstenir". Nous n'en sommes pas à combattre l'occupation nazie, bien sûr... Mais ce rappel pourra permettre de faire comprendre qu'il y a un temps pour tout.

Un dernier mot sur l'abstention en général. L'abstention n'est une option valable que si les votes blancs sont décomptés et valides. L'abstention sans vote blanc reconnu est un coup d'épée dans l'eau.

A vos bulletins !!

Jean-Charles Aknin

Sous-catégories

Catégorie où sont rangées les revendications

Catégorie doléances

Catégorie concernant le RIC

Articles sur le RIP ADP